RDC :Quid de la lutte contre le réchauffement climatique depuis l’Accord de Paris

PAR Deskeco - 26 fév 2019, Dans Actualités

En novembre 2017, le Parlement congolais adoptait en procédure d’urgence, le projet de loi autorisant la ratification par la RDC de l’Accord de Paris en vertu de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), signé à New-York le 22 avril 2016. Ce texte de loi a été par la suite promulgué par le Président de la République. En ratifiant l’« Accord de Paris » sur le climat, la Rdc devrait donc se mettre en ordre de bataille par rapport à cette crise planétaire du climat et à l’action climatique.  

L’« Accord de Paris en vertu de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques », dit « Accord de Paris sur le changement climatique (2015 – 2020) » a été consensuellement adopté lors de la 21ème Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, tenue du 30 novembre au 12 décembre 2015 à Paris en France, par les Etats parties.

Des spécialistes indiquent que cet accord international marque une nouvelle étape dans le combat mondial pour limiter les émissions des gaz à effet de serres. Il vise à renforcer la riposte mondiale à la menace des changements climatiques, dans le contexte du développement durable et de lutte contre la pauvreté.

Il a été ratifié par 170 Chefs d’Etat et de gouvernement du monde, le vendredi 22 avril 2016 à New-York (USA). La Rdc a été l’un des premiers pays signataires, par l’ex Président de la République Joseph Kabila.

En effet, les pays signataires sont contraints de respecter les engagements pris en signant l’« Accord de Paris » qu’après la ratification dudit traité par leurs organes législatifs. Voilà pourquoi, en novembre 2017, les deux Chambres du Parlement de la Rdc avaient adopté, le projet de loi autorisant cette ratification. C’était d’ailleurs en procédure d’urgence.

C'est le ministre de l’Environnement, Conservation de la nature et développement durable, M. Ami Ambatobe, qui l’avait défendu devant la représentation nationale.

A cette occasion, il a expliqué qu’au regard du rôle de ses écosystèmes forestiers, sa biodiversité, ses ressources hydrauliques et agricoles jouent pour les efforts de croissance, de lutte contre la pauvreté et de réduction des gaz à effet de serre, la République démocratique du Congo a soumis sa contribution nationale prévue déterminée au titre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), et devient donc éligible aux ressources financières fournies aux pays en développement dans le cadre de la mise en œuvre de l’« Accord de Paris ».

Ce, en vue de renforcer l’application de ses politiques, stratégies, règlements, plans d’action et mesures de lutte contre les changements climatiques, tant en matière d’atténuation que d’adaptation, de façon à contribuer à la réalisation de l’objet de l’Accord.

En autorisant la ratification de l’« Accord de Paris », a renchéri le ministre, la République démocratique du Congo a traduit sa ferme détermination à accélérer son entrée en vigueur et à contribuer à la riposte internationale pour la réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Ainsi avait-il déclaré que : « L’adoption de cette loi va particulièrement contribuer au processus qui vise la finalisation des règles et procédures pour opérationnaliser cet important accord sur les effets des changements climatiques à l’échelle globale, mais également, à renforcer les capacités de notre pays à accéder aux financements climatiques et ainsi placer la question du développement durable au cœur de l’action du Gouvernement de la République démocratique du Congo… L’adoption de cette loi portant ratification de cet instrument constituera un signal fort et permettra ainsi de réaffirmer le leadership de la République démocratique du Congo à l’effort collectif international, à la fois réaliste et ambitieuse de conservation de la nature, en général, et de préservation de notre important massif forestier, poumon de l’humanité ».  

Après adoption au Parlement et sa promulgation, ce texte de loi devrait permettre au pays de se mettre en ordre par rapport au combat mondial contre les changements climatiques.

Rappel du combat mondial contre le changement climatique

Depuis des années, les pays du monde se sont engagés dans la lutte contre les changements climatiques qui secouent la planète. Et, les négociations climatiques planétaires ont eu comme enjeux de : réduire les émissions des gaz à effet de serres à moins de deux degrés Celsius (-2°C) ; faire face aux impacts, pertes et dommages ; agir sur les systèmes et les décisions ; adopter des modèles agricole et de l’eau ; faire le choix des infrastructures et les accords commerciaux, etc.

Ces grandes conférences internationales sur l’environnement devraient donc répondre à deux défis du climat et de la pauvreté. Mais aussi, fixer et renforcer les engagements nationaux et sectoriels ; financer la transition énergétique et l’adaptation aux impacts…  

Et, la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques est donc le document de base, signé par 194 pays membres des Nations Unies. Le Protocole de Kyoto, ratifié par 176 Etats du monde, adopté en 1995 et entré en vigueur en 2005, est donc le prolongement de la CCNUCC. Sa mise en œuvre a eu lieu de 2008 à 2012 et la deuxième période d’engagement court de 2012 à 2020.

Le protocole de Kyoto, impose donc aux pays industrialisés le primat de la responsabilité pour lutter contre le phénomène des changements climatiques. Il s’est ainsi attaqué aux émissions de six gaz à effet de serre qui sont : le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), l’oxyde nitreux (N2O), les hydrofluorocarbures (HFCs), les hydrocarbures per-fluorés (PFCs), l’hexafluorure de soufre (SF6). On y ajoute aussi l’oxyde d’hydrogène (H2O) et l’ozone (O3).

Il existe également le Protocole de Kyoto I et le Protocole de Kyoto II. Et il y a trois mécanismes de flexibilité notamment les permis d’émission ; la mise en œuvre conjointe (MOC) ; et le mécanisme de développement propre (MDP) pour aider les pays africains à se développer.

A cela s’ajoutent d’autres mécanismes parallèles de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, dont REDD+, NAMA et Fonds vert. L’on signale par ailleurs que de tous les temps, la Chine et les Etats-Unis d’Amérique se sont illustrés en deux principaux mauvais élèves du combat contre le changement climatique.

Quelques mois après la signature de l’« Accord de Paris » de 2015, il s’est tenu, du 07 au 18 novembre 2016 à Marrakech au Maroc, la 22ème Conférence des parties (COP22).

L’objectif principal de la COP 22 était d’accélérer l’action climatique de tout Etat et non-Etat acteur. Mais aussi et surtout, de développer les règles en vue de la mise en œuvre de l’« Accord de Paris » sur les changements climatiques (2015 – 2020).

A savoir, la COP 20 tenue à Lima au Pérou a été une conférence des négociations. La COP 21 tenue à Paris en France a été celle des décisions avec d’adoption de la « Déclaration de Paris » dont la Rdc était le premier pays africain à signer. Et la COP 22 c’était une conférence des actions, de la mise en œuvre des décisions.

Le but principal était de développer des outils opérationnels dans le cadre du plan Paris – Lima puis Paris – Marrakech. La COP 22 est ainsi considérée comme une conférence des actions et la première réunion historique des parties, cadre où l’« Accord de Paris » est entré en vigueur.

Vers l’adaptation et l’atténuation

L’urgence climatique est imminente. La planète s’est réchauffée à plus de 0,8 degrés Celsius. A l’origine, les énergies sales, les émissions liées à la consommation. Conséquence, ce sont les changements climatiques : phénomène d’augmentation de la température moyenne des océans et de l’atmosphère terrestre. Ce qui entraine des impacts sur la biodiversité, la production agricole, la faim et des catastrophes naturelles...

Les changements climatiques sont donc causés par les émissions des gaz à effet de serres. Les domaines de transport, de l’habitat, la déforestation, l’agriculture, la production de pétrole, le charbon, etc., sont ainsi à la base de ces émissions des gaz à effet de serres.

L’effet de serre est un phénomène naturel sans lequel la planète serait froide (-18°C). Le réchauffement de la planète entraîne le changement de climat. Pendant cette période, deux phénomènes s’imposent : la sécheresse et les inondations intenses.

Pour ce faire, il est conseillé l’adaptation et l’atténuation. C’est-à-dire, limiter la vitesse d’augmentation des taux des gaz à effet de serres dans l’atmosphère.

Lepetit Baende

 
 

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