RDC : La Société civile réclame un contrôle sur la gestion du budget de la CENI

PAR Deskeco - 30 mai 2019, Dans Actualités

Ces assises, organisées à l’intention des acteurs des organisations de la Société civile congolaise intéressées à la matière électorale, ont été également marquées par des questions relatives au financement du processus électoral 2013-2019 et à la transparence et redevabilité dans l’acquisition des équipements de la CENI et du matériel électoral. Mais aussi, à la problématique de la corruption électorale.

Un des intervenants de ce panel, le professeur Florimond Muteba, président du Conseil d’administration de l’ODEP (Observatoire de la dépense publique/contrôle citoyen des finances publiques de la République démocratique du Congo), a développé le premier aspect de la thématique qui concerne le financement du processus électoral.

Il s’est réservé de se baser sur les chiffres. Mais, il a préféré procéder à une analyse en profondeur sur la qualité de ce financement alloué au processus électoral ainsi que son impact.

Ainsi, a-t-il affirmé que la dotation de la CENI par le Gouvernement de la République a été faite sur fonds propres, et le décaissement a été également fait. Cependant, il s’est interrogé de savoir pourquoi l’Etat congolais s’est acharné à vouloir financer seul ce processus électoral.

Dans son analyse, il a soutenu que si le Gouvernement congolais a agi ainsi c’était pour pouvoir manipuler les élections en toute impunité. Mais aussi pour le détournement en toute impunité des fonds de la CENI. Et comme résultat, la transparence n’était pas au centre du travail de la CENI, estime-t-il.

Poursuivant son intervention, le Pca de l’ODEP a démontré que de manière générale, les forces de la gestion financière de la CENI sont entre autres, l’existence du manuel des procédures administratives et financières ; et des règlements administratifs et financiers ; l’élaboration de budget prévisionnel des opérations électorales ; et du plan de décaissement.

Quant aux faiblesses, il cite principalement l’absence de contrôle interne ; et le non-respect des manuels de procédures et des règlements administratifs et financiers.

Par conséquent, il suggère l’organisation du contrôle de gestion du budget de la CENI par l’Assemblée nationale, l’Inspection générale des Finances et la Cour des Comptes. Mais aussi, la mobilisation des ressources externes (PTF) ; l’organisation des audits internes ; le respect tant des manuels de procédures et des règlements administratifs et financiers que de l’autonomisation financière de la CENI.

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Quant aux Perspectives, il propose la mobilisation du financement des opérations électorales par les ressources internes et externes.

Le professeur Florimond Muteba de l’ODEP s’est confié à DESKECO.COM pour résumer son intervention en ces termes :

« Je suis intervenu sur le financement du processus électoral. J’ai insisté beaucoup plus, non pas sur les chiffres que nous connaissons tous (1 milliard, trois-cent millions de dollars américains), mais sur le sens à donner à la fois, à la vision politique, les intentions de ceux qui ont voulu absolument faire ce financement interne, à l’erreur que je considère de refuser l’apport de l’extérieur. Pourtant, ce financement de l’extérieur intervient dans beaucoup de projets de différents secteurs de la vie nationale. Mais pourquoi l’extérieur deviendrait-il directement le diable en ce qui concerne le projet des élections ? Donc, il y a un problème. J’ai beaucoup insisté aussi sur la manière dont le budget même de la CENI a été géré en opacité avec des procédures d’exception pour des marchés d’acquisition des équipements et des biens. Citons ici le non-respect par la CENI de ses propres procédures internes concernant la gestion. J’ai cité aussi le manque de contrôle. La Cour des comptes, l’Assemblée nationale, l’Inspection générale des Finances ne sont pas passés pour contrôler les finances de la CENI. Mais en même temps, j’ai aussi insisté sur l’impact. Quel a été l’impact de tous ces moyens qui ont été donnés à la CENI au niveau national ? Par rapport à la population congolaise, aux artisans congolais, aux entreprises congolaises… Qu’est-ce qu’ils en ont reçu comme retombées ? Absolument rien. Finalement, c’est toujours l’extérieur qu’on décrie, qui a reçu cet argent qui est venu du Congo vers lui. Alors que nous avons refusé l’argent que l’extérieur pouvait nous apporter. Ça pouvait nous faire des économies : financer des écoles, des hôpitaux, etc. J’ai insisté aussi sur l’impact politique. Le mouvement démocratique congolais, en ce qui concerne une partie de l’élite, une bonne partie des institutions, etc., n’a pas avancé, n’a pas progressé. Mais, c’est vrai que du côté de la population, il y a eu qu’à même une prise de conscience très importante. Aujourd’hui nous avons, pas une masse, mais un peuple. Parce que les Congolais sont conscients, pour la plupart, des enjeux que représentent à la fois les élections, la démocratie et le développement ».

Lepetit Baende

 
 

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