Les 10 contraintes à l’exploitation industrielle du bois en RDC

PAR Deskeco - 23 mar 2019, Dans Actualités

La République Démocratique du Congo regorge plus de 155 millions d’hectares de forêts couvrant plus de 60% des superficies de forêts denses du Bassin du Congo. Cependant, le pays ne tire pas encore des revenus importants de ces ressources.

Le secteur forestier reste marginal dans l’économie, représentant moins de 1% du PIB national. La production nationale annuelle de grumes par le secteur formel stagne autour de 300 000 m3 et correspond à seulement 5% de la production totale de la sous-région du Bassin du Congo. Pourtant, la RDC devrait produire jusqu’à 10 millions m3 par an au regard de l’importance de ses forêts.

Cette faible production s’explique par des nombreuses contraintes auxquelles reste confrontée l’exploitation industrielle du bois en RDC.

L’Association Technique Internationale des Bois Tropicaux (ATIBT) a recensé les contraintes suivantes à l’exploitation industrielle du bois en RDC:

  1.  Infrastructures inexistantes. En RDC, quand on est exploitant forestier, il faut construire des routes, trouver son énergie électrique, investir dans la desserte en eau potable pour ses travailleurs et les communautés riveraines, construire des écoles et des maisons, etc. ;
  2.  Exportation difficile. L’absence des infrastructures notamment des routes rend la tâche difficile aux exploitants forestiers ;
  3.  Distance au port. Les sites d’exploitation de bois sont loin du port d’exportation. Ce qui fait que le coût de transport du lieu de production au port d’exportation est très élevé. Ce qui fait que des exploitants forestiers du Congo Brazzaville, du Gabon ou du Cameroun, ont un avantage comparatif sur le marché international par rapport à ceux de la RDC ;
  4.  Gouvernance défaillante. Il y a un déficit criant de l’administration forestière dans les sites reculés en province ;
  5.  Fiscalité lourde. Une entreprise forestière en RDC paie jusqu’à 138 taxes officielles ;
  6.  Image négative de l’exploitation forestière en RDC. Les ONG internationale font en permanence une mauvaise campagne de communication contre l’exploitation forestière en RDC. Dans la vision de ces ONG, les forêts du Bassin du Congo devraient restées intactes. Dès lors, ces ONG (Greenpeace, Global Witness, etc.) ont concentré leurs actions dans des campagnes contre l’exploitation forestière industrielle qu’elles indexent souvent comme « une exploitation non  durable ». Pourtant, les premières causes de la déforestation en RDC sont l’agriculture itinérante sur brûlis, la coupe de bois de chauffe, l’exploitation forestière artisanale non contrôlée. L’exploitation industrielle désordonnée ne vient qu’à la 4ème place ;
  7.  Productivité réduite des forêts ;
  8.  La présence des nombreux marécages dans les forêts de la RDC;
  9.  Une concurrence déloyale du secteur informel œuvrant principalement dans l’illégalité, et donc dégagé des contraintes techniques, fiscales et sociales qui sont imposées au secteur formel. Cette concurrence s’exerce à plusieurs niveaux, principalement sur le marché intérieur (plus de 80 % de la consommation intérieure est couverte par le secteur informel), mais aussi à l’international, par l’exportation de certaines grumes illégales, aboutissant à une détérioration de l’image de l’exploitation forestière, qui suscite sur les marchés des doutes sur la légalité de toutes les productions en provenance de la RDC ;
  10.              Le marché local de bois d’œuvre, très dynamique, pourrait être une aubaine pour le secteur forestier formel. Mais, les exploitants artisanaux, très souvent illégaux, opèrent le plus souvent sans respecter aucune mesure de gestion forestière durable et pratiquent des prix défiant toute concurrence. C’est ainsi que pratiquement 73% de la production provenant des concessions forestières sous. aménagement forestier sont exportés.

En 2019, la RDC devrait exporter 174 010 m3 de grumes pour une valeur de 26 256 309 USD, selon les prévisions du ministère de Budget.

Amédée MK

 

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