10ᵉ Alternative Mining Indaba RDC: Valéry Madianga plaide pour une Autorité nationale des revenus

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PAR Deskeco - , Dans Mines

 

La mobilisation des recettes issues du secteur minier congolais reste confrontée à plusieurs obstacles, malgré l’augmentation de la production enregistrée ces dernières années. C’est le constat dressé par Valéry Madianga, coordonnateur national du CREFDL, lors d’une session parallèle consacrée aux accords sur les minerais stratégiques, leurs opportunités et leurs risques pour les recettes minières de la RDC, organisée ce mercredi 28 octobre 2026 à Lubumbashi, dans le cadre de la 10ᵉ édition de l’Alternative Mining Indaba RDC, prévue du 28 au 30 octobre.

Au cours de cette rencontre, Valéry Madianga a mis en évidence plusieurs facteurs qui, selon lui, empêchent l’État congolais de tirer pleinement profit des richesses de son sous-sol. Parmi les principales difficultés figurent la corruption au sein de certaines sphères de l’élite politique et de l’administration publique, ainsi que les exonérations fiscales jugées excessives.

« Malgré l’augmentation de la production minière ces dernières années, nous ne parvenons pas à capter les recettes telles qu’elles devraient l’être », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle et de transparence dans la gestion des revenus miniers.

Les exonérations fiscales et le cas Sicomines dans le viseur

Parmi les préoccupations soulevées par le coordonnateur national du CREFDL figure le poids des allégements fiscaux accordés dans le cadre de certains accords. Il a notamment cité le contrat Sicomines, auquel il attribue 16 % de l’ensemble des exonérations et allégements fiscaux concernés par son intervention.

Pour Valéry Madinga, ces avantages fiscaux doivent faire l’objet d’une évaluation rigoureuse afin de déterminer leur incidence réelle sur les finances publiques et de vérifier si les bénéfices attendus pour le pays compensent les recettes auxquelles l’État renonce.

Il estime également que certains accords miniers sont négociés sans que les autorités congolaises disposent systématiquement d’études suffisamment approfondies pour en mesurer les avantages et les risques. Cette situation, a-t-il expliqué, peut conduire à des engagements déséquilibrés et à des pertes de recettes pour le Trésor public.

Il a ainsi appelé à mieux préparer les négociateurs congolais et à renforcer leur capacité à évaluer les implications fiscales, économiques et financières des partenariats conclus avec les investisseurs.

Une fiscalité fragmentée qui complique la perception des recettes

Autre difficulté relevée par Valéry Madianga: la multiplicité des intervenants dans la chaîne de perception des recettes, aux niveaux national, provincial et local.

Selon lui, la coexistence de plusieurs administrations et agences chargées de percevoir les recettes fiscales, non fiscales et parafiscales favorise les chevauchements de compétences et complique le suivi des montants effectivement mobilisés.

À cette fragmentation s’ajoute, a-t-il poursuivi, la multiplication des impôts et taxes, susceptible de compliquer les démarches des opérateurs économiques et de peser sur l’attractivité du secteur.

« Il faut qu’il y ait une harmonisation des textes en matière de fiscalité, qu’on évite d’avoir plusieurs entités », a-t-il préconisé.

Dans cette perspective, le coordonnateur national du CREFDL a proposé la création d’une Autorité nationale des revenus qui aurait pour vocation de centraliser et de coordonner la perception des recettes publiques. Il a également plaidé pour un texte unique permettant de rationaliser le système fiscal, de clarifier les compétences des différents services et de réduire les chevauchements administratifs.

Une telle réforme devrait, selon lui, s’accompagner d’une amélioration du climat des affaires et d’une lutte renforcée contre la corruption.

Vers un guichet unique pour les investisseurs

Au-delà de la mobilisation des recettes, Valéry Madanga estime que la rationalisation du système fiscal pourrait également faciliter les investissements en RDC. Il a notamment évoqué la mise en place d’un guichet unique destiné à simplifier les démarches des investisseurs et à limiter les difficultés liées à la multiplicité des services intervenant dans leurs activités.

L’objectif serait de rendre les procédures plus lisibles, tout en permettant à l’État de mieux contrôler les obligations fiscales des entreprises et de sécuriser les recettes attendues.

Pour le CREFDL, l’enjeu consiste donc à concilier l’attractivité du secteur minier avec la protection des intérêts financiers du pays. L’augmentation de la production minière ne suffit pas, à elle seule, à garantir une hausse proportionnelle des revenus publics si les mécanismes de perception, les exonérations et les accords conclus ne font pas l’objet d’un suivi rigoureux.

Les accords sur les minerais stratégiques au cœur des échanges

La session parallèle a également connu la participation de Fabien Mayani, du Centre Carter, et de Jean-Jacques Kayembe, coordonnateur national de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives en RDC (ITIE-RDC) et Honorine Lunda, ministre des mines dans le Haut-Lomami.

Les échanges ont porté sur les opportunités et les risques que représentent les accords relatifs aux minerais stratégiques pour les recettes minières congolaises, dans un contexte où les ressources du pays occupent une place importante dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

La 10ᵉ édition de l’Alternative Mining Indaba RDC se tient à Lubumbashi du 28 au 30 octobre 2026.

José Mukendi

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