« Son corps était couvert de sang » : le calvaire des mineurs artisanaux de Rubaya et de Lomera sous la menace du M23 et de l’armée rwandaise, selon Amnesty International

Mineurs artisanaux
Mineurs artisanaux
PAR Deskeco - , Dans Mines

Amnesty International, qui milite pour le respect des droits de l'homme dans le monde entier, dit avoir recueilli « des informations sur l'exécution sommaire de 18 mineurs artisanaux dans les mines de Rubaya et Lomera », dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), par les rebelles de l'AFC-M23 et l'armée rwandaise.

« Selon les témoins et les familles des victimes, 10 d'entre eux ont été frappés à mort, deux ont été tués par balle et six ont été enlevés puis retrouvés morts », renseigne le nouveau rapport de cet organisme consulté par Deskeco.

L'organisme cite un certain Evariste, mineur de 22 ans et père d'une fillette d'un an.

« Lorsque nous avons vu Evariste, il souffrait terriblement, a rapporté un témoin. Il n'avait pas la force de parler. Il ne pouvait pas lever les pieds. Son corps était couvert de sang », dit le témoignage.

Le document rapporte un autre témoignage poignant, d'un mineur témoin de la mort de son propre frère :

« Il a été frappé à la poitrine avec une pioche. Lorsque j'ai dénoncé l'homme qui l'avait tué, [le M23] m'a envoyé en prison. Ils m'ont puni de deux semaines de travail [dans la mine] sans salaire. J'ai dit que je voulais amener [son corps] à ma famille. Il a été enterré comme une bête [dans la mine]. »

Amnesty International rapporte que seize mineurs « ont été battus avec tellement de violence qu'ils ont perdu connaissance ».

Selon un superviseur, l'un de ses employés a été attaqué par des combattants du M23 :

« Lorsque nous sommes sortis du puits d'extraction avec le sable minéralisé, il y avait cinq [combattants du M23] lourdement armés et trois non armés. Ils ont dit : "On n'est pas là pour jouer. Si vous refusez [de nous donner le sable minéralisé], on va vous tuer." », dit-il.

Ainsi, Amnesty International appelle les entreprises spécialisées dans l'industrie des minerais critiques à « cesser d'acheter du coltan et de l'or au Rwanda – ou auprès de transformateurs et de raffineries de pays tiers qui achètent ces minerais à des fournisseurs au Rwanda –, tant que l'État rwandais n'apportera pas d'éléments concrets démontrant qu'il ne reçoit plus de coltan ni d'or acheminés illégalement de RDC ».

Bruno Nsaka

Articles similaires