La République démocratique du Congo (RDC) a exporté 1 724 217,20 tonnes de cuivre au premier semestre de l'année 2026. C'est ce que révèlent les statistiques de la Cellule technique de coordination et de planification minière (CTCPM), consultées par Deskeco. Cette situation représente une progression estimée de + 2 % par rapport au premier semestre 2025.
Ainsi, le pays est classé premier pays africain producteur de cuivre, et deuxième mondial, devant le Pérou, la Chine et les États-Unis.
La phase ascendante a été observée dès le premier trimestre, avant de connaître un léger tassement au mois d'avril et de mai, pour remonter au mois de juin.
« Cette évolution traduit une tendance générale à la hausse, malgré quelques fluctuations mensuelles », note la CTCPM.
Des facteurs multiples à l'origine de la dynamique
Ce service qui relève du ministère des Mines de la RDC renseigne que plusieurs facteurs sont à la base de la dynamique de hausse des exportations du cuivre.
Parmi ces éléments, l'on évoque « les tensions d'approvisionnements dues à un déficit mondial en concentrés de cuivre du fait que l'offre n'a pas évolué au rythme de la demande », ainsi que « l'accélération de la demande liée à la transition énergétique (véhicules électriques, réseaux électriques) combinée à l'essor des infrastructures d'intelligence artificielle (centres de données) et aux anticipations de barrières douanières ».
Tensions persistantes sur les intrants
Malgré ces performances, il persiste des tensions sur les intrants qui interviennent dans la filière du cuivre, dont l'acide sulfurique, important pour la production des anodes de cuivre.
Selon la CTCPM, l'approvisionnement en acide sulfurique reste « pénalisé par la poursuite du conflit au Moyen-Orient et la rupture de certaines routes maritimes depuis mars 2026 avec comme résultante une hausse qui oscille entre 25 et 35 % du coût de l'acide pour les opérateurs du Lualaba et du Haut-Katanga ».
En effet, environ 20 % de l'offre mondiale de cuivre dépend d'un procédé qui utilise de l'acide sulfurique pour lessiver le cuivre des minerais oxydés. Avec environ 50 % de l'offre mondiale de soufre transporté par voie maritime coupée, les marchés du soufre et de l'acide sulfurique deviennent extrêmement tendus , expliquait en avril dernier Robert Friedland, coprésident exécutif d'Ivanhoe Mines, une entreprise minière canadienne qui exploite le cuivre sur le site de Kamoa-Kakula en RDC.
Kamoa-Kakula se positionne ainsi comme une solution idéale, en tant que producteur et vendeur, et donc non consommateur, d'acide sulfurique.
Bruno Nsaka