RDC : Trois ans après, les entreprises et prestataires des IXes Jeux de la Francophonie continuent de réclamer leur paiement estimé à 38 millions USD à l’État

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PAR Deskeco - 13 aoû 2026 15:23, Dans Actualités

 

Trois ans après la tenue des IXes Jeux de la Francophonie à Kinshasa, les entreprises et prestataires qui ont participé à l’organisation de l’événement réclament toujours le paiement de leurs créances. Selon le Collectif qui les représente, le montant principal cumulé restant dû par l’État s’élève à 38 072 113,07 dollars américains.

Sur cette enveloppe, 30 649 204,04 USD concernent les créances de 17 entreprises pour le volet des infrastructures relevant du ministère des Infrastructures et Travaux publics. Les 7 422 909,03 USD restants concernent les prestataires du Comité national des IXes Jeux de la Francophonie.

Dans un message public, le Collectif affirme que près de trois cents entreprises et prestataires, mais aussi leurs fournisseurs, sous-traitants et travailleurs, sont concernés par cette situation.

« Pour rendre cette réussite possible, des entreprises et prestataires ont mobilisé leurs moyens financiers, leurs équipements, leurs fournisseurs, leurs sous-traitants ainsi que plusieurs milliers de travailleurs. Malgré les délais extrêmement contraints et les difficultés rencontrées, les infrastructures ont été réalisées, les biens et services ont été fournis et les Jeux ont pu se dérouler dans de bonnes conditions. Nous avons rempli notre part de responsabilité. Mais aujourd'hui, ceux qui ont participé à cette réussite attendent toujours d'être honorés à leur tour, non pas par des décorations ou des récompenses, mais simplement par le paiement des travaux, des biens et des services effectivement réalisés », fait savoir le Collectif.

Cette dette fait l’objet de plusieurs démarches administratives depuis 2025 indique-t-il. Le Collectif fait savoir cependant qu’un premier document tenant lieu d’ordonnancement, le DTO n°7356/25, avait été établi pour le volet des infrastructures avant de devenir caduc sans paiement.

Après une mise en demeure adressée aux autorités en mai 2026, le ministre des Infrastructures et Travaux publics avait demandé, le 19 mai, le réengagement du solde dû aux entreprises. Le 5 juin, la Première ministre avait également saisi les ministres du Budget et des Finances afin qu’ils examinent le dossier et lui fassent rapport.

Le 21 juillet 2026, un nouveau DTO, portant le numéro 3578/26, a finalement été communiqué au Collectif pour remplacer le précédent.

« Nous avons accueilli cette information comme une avancée importante et nous pensions que le paiement allait enfin intervenir. Mais depuis la communication de cette référence, les comptes bancaires des entreprises ne sont toujours pas crédités et aucune date précise de paiement ne nous a été communiquée. Le 28 juillet 2026, jour du troisième anniversaire de l'ouverture des Jeux, le Collectif a donc adressé un rappel complémentaire à la mise en demeure », déplore-t-il.

La crainte d'un nouveau report

Pour les entreprises concernées, l’absence de paiement après l’émission du nouveau DTO fait craindre que celui-ci connaisse le même sort que le précédent.

« Cette situation fait renaître une inquiétude légitime : celle de voir le nouveau DTO n°3578/26 connaître le même sort que le précédent et devenir, lui aussi, caduc sans que les entreprises ne soient payées. Nous ne voulons pas revivre une deuxième fois la même situation. Depuis trois ans, nous demandons à toutes ces personnes de patienter. Nous leur avons demandé de patienter après la première mise en demeure, après la réponse de Madame la Première ministre et encore après la communication du nouveau DTO. Mais aujourd'hui, il devient extrêmement difficile de continuer à rassurer toutes les personnes concernées sans pouvoir leur donner une date claire de paiement », soutient le Collectif.

Les entreprises disent comprendre les éventuelles contraintes de trésorerie de l'État, mais proposent également une alternative pour accélérer le règlement. Elles se disent disposées à examiner avec le ministère des Finances et des banques commerciales un mécanisme de financement ou de préfinancement de ces créances, sous réserve d’une garantie formelle de l’État.

Le Collectif demande désormais aux autorités de prendre, dans un délai de sept jours à compter de la première diffusion de son message, une solution « concrète, officielle et exécutoire » permettant d’aboutir au crédit effectif des comptes bancaires.

Jean-Baptiste Leni

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