Desktonight. Lundi 20 avril 2026 | : Croissance visée à 6 % du PIB non minier, dépassement budgétaire à la Primature, et appel à un audit des projets communautaires, l’essentiel de l’actualité économique de la RDC

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PAR Deskeco - 20 avr 2026 22:40, Dans Analyses

Entre les projections de croissance du PIB non minier à 6 % d’ici 2028, le dépassement budgétaire record de la Primature en 2025, les avancées diplomatiques à Washington, la volatilité des cours des matières premières agricoles et minières, les appels à une industrialisation régionale, et les critiques sur la gestion des fonds de développement, la RDC navigue entre ambitions macroéconomiques et pressions sur la gouvernance interne.

6 % de croissance du PIB non minier d’ici 2028

Le ministre congolais des Finances, Doudou Fwamba, a annoncé dans une interview à Bloomberg TV depuis Washington que le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) projette à 6 % la croissance du PIB non minier d’ici 2028, notamment grâce aux réformes engagées avec le FMI. Le gouvernement mise sur les services et les infrastructures pour y arriver. Le ministre a rappelé que les investissements directs étrangers ont augmenté de 60 % depuis 2019, avec un accent sur l’hydroélectricité et les infrastructures critiques, notamment via des financements comme les eurobonds.

Dépenses de la Primature : un dépassement budgétaire de 47 % en 2025

En 2025, les dépenses de la Primature ont culminé à 214 023 496 820 CDF (75 millions USD au taux de 2850 FC le dollar américain) contre des prévisions estimées à 146 252 028 334 CDF (51 millions USD), soit un taux d’exécution de 147 % ou un dépassement budgétaire de 47 %. Sur les trois gros postes de dépenses de la Primature, l’on note que les rémunérations ont été payées en 2025 à hauteur de 101 498 882 691 CDF ; les dépenses de prestation (fonctionnement) pour 97 146 716 567 CDF et la rubrique Biens et Matériels pour 15 377 897 562 CDF.

Réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale : la RDC consolide sa stabilité macroéconomique

En marge des Réunions de printemps de la Banque mondiale et du FMI, tenues à Washington D.C., la délégation congolaise, conduite par la Première ministre Suminwa Tuluka, a mené trois jours de travaux, marqués par la consolidation de la stabilité macroéconomique du pays, tout en accélérant les grands projets structurants. Judith Suminwa a mené des consultations centrées sur le cadre macroéconomique et la coopération avec les institutions financières internationales. De son côté, Doudou Fwamba, ministre des Finances, a mené des discussions avec le FMI, notamment sur la première émission réussie d’eurobonds. Pour sa part, le ministre du Commerce extérieur a abordé les discussions sur le Corridor de Lobito, défendant une vision intégrée fondée sur un financement hybride public-privé.

Mercuriales des produits agricoles : café arabica et cacao en hausse, robusta en léger repli

Les mercuriales des produits agricoles exportés par la RDC pour la période du 20 au 25 avril 2026 révèlent une évolution contrastée sur les marchés internationaux, marquée par une légère baisse du café robusta, tandis que le café arabica et le cacao enregistrent une progression. Du côté des produits en recul, le café robusta connaît une légère diminution de son prix, passant de 3,32 à 3,30 USD le kilogramme. Cette baisse, bien que modérée, reflète une certaine volatilité du marché, souvent influencée par l’offre mondiale et les fluctuations de la demande. Le café arabica enregistre une progression notable, avec un prix passant de 5,51 à 5,62 USD le kilogramme. Même tendance pour le cacao, dont le prix grimpe de 3,06 à 3,26 USD le kilogramme sur la période sous revue, contrairement aux données de la semaine passée.

Cuivre, or, étain et nickel en hausse, cobalt en léger recul

Le cuivre, principal produit d’exportation du pays, enregistre une progression notable, passant de 12 148,40 à 12 836,10 USD la tonne, confirmant la bonne dynamique du marché mondial. L’or poursuit également sa hausse, évoluant de 151,88 à 153,87 USD le gramme, soutenu par la demande internationale et les incertitudes économiques globales. En outre, le concentré d’étain connaît une augmentation, allant de 14 827,12 à 15 385,69 USD la tonne, tandis que l’étain brut grimpe fortement de 46 480,00 à 48 231,00 USD la tonne. Le nickel suit la même tendance haussière, passant de 14 981,87 à 15 352,97 USD la tonne. De son côté, l’argent progresse légèrement, évoluant de 2,38 à 2,47 USD le gramme. Certains produits miniers affichent toutefois une tendance baissière. Notamment le cobalt, métal clé pour les batteries, recule légèrement de 55 615,00 à 55 604,00 USD la tonne.

RDC à la croisée des chemins : « Asseoir une domination industrielle régionale »

Face à une économie largement extravertie, dominée par les importations et portée essentiellement par le secteur extractif, la RDC est à la croisée des chemins. Pour Georges Byeragi Safary, professeur d’économie et spécialiste du commerce international, la RDC n’a pas besoin d’un plan économique complexe. « L’objectif doit être unique : asseoir une domination industrielle à l’échelle régionale », soutient-il. Le professeur Byeragi propose une stratégie centrée sur la construction d’un écosystème industriel intégré. Celui-ci reposerait sur des investissements massifs dans les infrastructures clés : ports et corridors logistiques, routes et réseaux de transport, aéroports, centrales hydroélectriques, zones industrielles structurées, chaînes d’approvisionnement cohérentes. L’analyse du professeur met en lumière une dimension souvent négligée : le lien entre industrialisation et influence géopolitique.

Le Crefdl salue la suspension du coordonnateur de la CFEF et appelle à un audit indépendant

Dans un communiqué consulté ce lundi par Deskeco, le Centre de recherches en finances publiques et développement local (Crefdl) salue la suspension, par le ministre des Finances, du coordonnateur de la Cellule d’exécution des Financements en faveur des États fragiles (CFEF), le 13 avril dernier. Selon le Crefdl, les motifs évoqués par le ministre pour motiver cette suspension, notamment la mauvaise gestion, le non-respect de la loi relative à la passation des marchés publics ainsi que la contre-performance, rencontrent les observations faites dans son rapport publié en mai 2025, relatif à l’exécution du programme de développement local des 145 territoires (PDL-145 T) par la CFEF. Le Crefdl appelle par ailleurs le gouvernement à poursuivre son action contre cette cellule, et appelle à « un audit indépendant de la gestion de tous les projets de développement confiés à cette entité publique depuis 2021 ».

Le chiffre de la soirée

6 % de croissance du PIB non minier d’ici 2028, selon le ministre des Finances.

À surveiller demain

Réactions et analyses techniques sur la possibilité pour la RDC d’atteindre la croissance de 6 % du PIB non minier d’ici 2028.

Mot de la rédaction

Entre l’ambition d’une croissance non minière à 6 % d’ici 2028 et le dépassement budgétaire de 47 % à la Primature, la RDC devra concilier ses objectifs stratégiques avec une rigueur dans l’exécution des dépenses publiques.

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