Une plainte déposée auprès du parquet national financier remet au centre du débat le partenariat conclu entre la République démocratique du Congo (RDC) et le club de football As Monaco . Il est reproché au gouvernement congolais d’ avoir mené une procédure opaque et des irrégularités dans la gestion de fonds publics, pouvant s’apparenter à un détournement des fonds publics.
Selon Maître Hervé, à l’origine de la démarche judiciaire, le contrat signé avec le club monégasque n’aurait respecté les procédures judiciaires, moins encore les règles encadrant la passation des marchés publics
« Le contrat avec Monaco n’a respecté aucune norme de décaissement prévue par l’État congolais, et encore moins celles applicables aux marchés publics. Le budget de la RDC n’avait pas prévu ce contrat. Aucune loi budgétaire n’autorise le ministère à signer des partenariats avec des clubs étrangers pour des sommes aussi importantes. De plus, même si cela avait été envisageable, ces contrats conclus avec Monaco, puis plus tard avec Barcelone, n’étaient pas des marchés publics mais des marchés de gré à gré, en violation de la loi congolaise sur la passation des marchés publics. Le droit congolais est clair : l’utilisation de fonds publics, même pour des opérations de promotion ou de rayonnement, doit respecter une procédure transparente et officielle »
De poursuivre :
« Il n’y a eu ni appel d’offres, ni implication de l’Autorité des marchés publics. Le marché de gré à gré conclu avec l’AS Monaco soulève une question majeure : quelle contrepartie concrète l’AS Monaco apporte-t-elle à l’État congolais, si ce n’est l’inscription « RDC, Cœur de l’Afrique » sur les maillots ? En matière de tourisme, cette contrepartie n’était donc pas assurée. Mais surtout, en matière de sport, comment justifier une dépense de 5 millions de dollars pour apposer un logo sur les maillots de Monaco, alors que nos stades sont fermés et que nos championnats sont paralysés faute de financement gouvernemental ? Toutes ces irrégularités laissent penser qu’elles n’avaient pour objectif que l’enrichissement de quelques individus, au détriment du football et du sport congolais. »
Cet avocat précise que si les Congolais n’ont tiré aucun bénéfice de ce partenariat, l’argent perçu par ces clubs doit être restitué
« Nous voulons que les parquets français enquêtent pour savoir précisément qui a perçu cet argent, à quelle hauteur et qui en a réellement bénéficié. Il n’y a aucune contrepartie tangible pour les Congolais. L’argent du peuple congolais a été dépensé, mais le pays n’a rien reçu en retour. Si des fonds publics ont été détournés vers Monaco, alors que les Congolais n’en tirent aucun bénéfice, il faut que cet argent soit restitué. L’argent des Congolais doit revenir aux Congolais. »
Enfin, maître Hervé Diakiese, a souligné que cette démarche relève d’une procédure judiciaire et non d’un acte administratif, contrairement à ce qu’affirme le communiqué du ministère des sports
« Le Parquet national financier français a jugé notre plainte suffisamment sérieuse pour demander à son homologue monégasque de mener une enquête sur ce dossier, car il concerne un club monégasque. La dénonciation faite par le parquet n’est pas un acte administratif mais plutôt un acte judiciaire. Chaque fois que la France demande au parquet de Monaco de mener des enquêtes, cela passe par une dénonciation. C’est exactement ce qui se passe aujourd’hui », a t-il conclu
Divine Mbala