Entre la première semaine du mois de décembre 2025 et la première semaine de janvier 2026, le cobalt a enregistré une augmentation de 8,82 % sur le marché international, passant de 47 886,00 USD à 52 107,00 USD la tonne.
Ce minerai stratégique, dont la République démocratique du Congo (RDC) demeure le premier producteur mondial, est principalement utilisé dans la fabrication des batteries lithium-ion, essentielles à l’électrification et à la transition énergétique, notamment pour les véhicules électriques et les technologies de stockage d’énergie.
Évolution du cobalt depuis la levée de la suspension temporaire des exportations
Le cobalt connaît une progression significative depuis la levée de la suspension temporaire des exportations, décidée par le gouvernement congolais à travers l’Autorité de régulation et de contrôle des marchés des substances minérales stratégiques (ARECOMS), le 16 octobre 2025.
Depuis cette décision, le prix du cobalt se négocie autour de 50 000 USD la tonne sur le marché international, alors qu’avant la suspension, il se situait à environ 21 000 USD la tonne. Cette évolution s’inscrit dans le cadre de l’instauration de quotas annuels d’exportation, une mesure visant à permettre au gouvernement de mieux contrôler l’offre, de stabiliser les prix et de réguler le marché mondial du cobalt.
« Dans cette reprise, nous avons voulu instaurer un quota pour mieux contrôler le marché. Lorsque vous détenez 70 % des réserves mondiales d’une commodité, c’est votre droit le plus strict de dicter votre politique, votre volonté. On ne peut pas rester spectateurs de la compétition internationale. On ne peut pas laisser le marché, avec ce que les Anglo-Saxons appellent fear and greed : le marché a un côté irrationnel, la peur de perdre de l’argent et la soif de gains excessifs ; ce sont toutes ces forces qui conduisent les prix, nous ne pouvons pas rester spectateurs », avait indiqué le ministre des Mines Louis Watum Kabamba.
Et d’ajouter :
« Maintenant nous allons commencer à le vendre à 50 000 USD ; on l’aurait vendu à 20 000 USD, il serait allé continûment s’enfoncer parce qu’on était en position de sur-offre. Je crois que nous avons pris cette décision de manière responsable. »
Quotas d’exportation fixés pour 2026 et 2027
Pour l’année 2026, un plafond de 96 600 tonnes d’exportation a été fixé. Il comprend un quota de base de 87 000 tonnes, réparti à raison de 7 250 tonnes par mois ; un quota stratégique de 9 600 tonnes, réservé à l’ARECOMS. Les mêmes volumes sont prévus pour l’année 2027, sous réserve d’éventuels ajustements. À titre comparatif, pour l’année 2025, un volume maximal de 18 125 tonnes avait été autorisé à l’exportation, dont 3 625 tonnes en octobre et 7 250 tonnes respectivement en novembre et décembre.
Par ailleurs, l’ONG Resource Matters appelle le gouvernement congolais à finaliser la mise en place d’une zone économique spéciale (ZES), considérée comme un levier essentiel pour la transformation locale du cobalt en RDC.
L’organisation recommande également :
• l’intégration de la transformation locale comme critère dans le système des quotas d’exportation ;
• la réservation d’une partie de la production minière au profit de l’industrie locale avant toute exportation ;
• l’application stricte du Code minier de 2018 ;
• le renforcement des partenariats avec les entreprises étatiques ainsi qu’avec les pays de la sous-région.
Ces mesures visent à accroître la valeur ajoutée locale, à réduire la dépendance aux exportations de matières brutes et à renforcer la souveraineté économique de la République démocratique du Congo sur ses ressources stratégiques.
Divine Mbala