RDC-USA : Kinshasa a jusqu’au plus tard mi-mars pour présenter ses projets au Comité directeur conjoint

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PAR Deskeco - 03 jan 2026 17:32, Dans Actualités

La République démocratique du Congo a signé, le 4 décembre 2025 à Washington, un accord de partenariat stratégique pour une coopération dans les domaines économique et commercial, institutionnel et de la gouvernance. 

L'accord, qui est entré en vigueur depuis la date de sa signature, ne sera effectif qu'après que le Comité directeur conjoint mis en place aura commencé son travail, c'est-à-dire après l'identification par les deux pays de leurs différents projets à développer dans le cadre de ce partenariat.

« Il nous revient, à nous gouvernement de la RDC, de fournir au Comité directeur conjoint cette liste de projets dans les 30 jours après l'entrée en vigueur de cet accord (donc le jour de sa signature, le 4 décembre 2025) », a déclaré le vice-Premier ministre, ministre de l'Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, désigné coprésident du Comité directeur conjoint pour le compte de la RDC.

Au cours d'une séance pédagogique organisée mardi dans le cadre d'un spécial briefing de presse, le professeur Daniel Mukoko Samba a précisé : 

« Ce sera à nous de faire le choix d'y mettre soit Inga 3, la RN3, la RN4, ou une autoroute Banana-Kinshasa, etc. Cela est important parce que l'accord dit que les deux États vont coopérer afin de mobiliser les financements appropriés pour que ces projets soient réalisés. »

Et de préciser : 

« Et d'ailleurs, l'accord a mis en exergue deux de ces projets, Inga et le corridor de Lobito, qui apparaissent spécifiquement dans l'accord sous deux articles séparés ».

À l'en croire, « les investisseurs viendront lorsque le Comité va commencer son travail et que les projets auront été identifiés, et qu'ensemble, Américains et Congolais, nous irons à la recherche de bons investisseurs ».

Selon le VPM de l'Économie nationale, « le Comité directeur conjoint doit tenir sa première réunion dans les 90 jours de l'entrée en vigueur de l'accord. Donc nous pensons que ce sera au plus tard à la mi-mars, en visioconférence ou en présentiel, de manière alternative, aux États-Unis ou en RDC ».

Mukoko Samba a, par ailleurs, indiqué les trois catégories de projets prévues dans cet accord.

« Cet accord n'est pas uniquement centré sur les ressources minières. Au contraire, la lecture est plus large parce qu'on parle d'industrialisation. Et pour industrialiser la RDC, il faut un peu plus d'électricité, des plateformes logistiques, des ponts, des routes. Raison pour laquelle, dans ce document, on trouve trois catégories de projets. La catégorie qui concerne au plus haut point la RDC, selon l'article 5 de cet accord, c'est la catégorie des projets stratégiques, ceux qui vont contribuer à la transformation industrielle de notre pays, conformément à sa vision à long terme, notamment par la création de valeur ajoutée, la création d'emplois, le renforcement des capacités. Ça, c'est le premier critère. Le deuxième critère, ce sont des projets qui vont renforcer les infrastructures, les systèmes énergétiques et technologiques, qui sont indispensables pour diversifier l'économie congolaise et l'intégrer dans les chaînes de valeur régionales et mondiales. Le troisième critère, ce sont des projets qui vont soutenir la paix, la stabilité et l'autorité de l'État. Le quatrième critère, des projets qui vont soutenir le développement inclusif et l'amélioration des moyens de subsistance de la population congolaise », a-t-il dit.

La deuxième catégorie de projets, selon Mukoko Samba, « ce sont des projets miniers qui vont être développés sur des concessions minières appartenant totalement au gouvernement et qui sont aujourd'hui libres de tout engagement. C'est donc à nous, la RDC, de dire : 'Nous avons des concessions minières libres', et sur ces concessions, nous allons ensemble choisir des entreprises qui aimeraient bien développer ces projets dans le strict respect du code minier congolais et des autres lois de la RDC, et en tenant également compte des objectifs mutuels. Pour nous, la transformation locale de nos minerais est un objectif central, et pour les USA, l'accès aux minerais critiques est un objectif central, et ces deux objectifs convergent ». 

Et de poursuivre : 

« La troisième catégorie des projets, ce sont des projets stratégiques qualifiés. Il s'agit aussi de projets miniers, mais qui peuvent être montés à partir de concessions sur lesquelles l'État n'est pas majoritaire, mais où il y a la possibilité de faire entrer de nouveaux investisseurs afin de développer ces projets ». 

D'après Mukoko Samba, dans cet accord, le gouvernement a fait un effort pour que la RDC offre aux investisseurs américains ou à leurs alliés un climat d'affaires prévisible et moins tracassier. 

À cet effet, a-t-il affirmé : 

« nous avons donc pris l'engagement d'amender, dans les 12 mois, la loi de janvier 2014 sur le fameux programme sinocongolais, pour donner une garantie à tous les investisseurs qui seraient intéressés par les trois catégories de projets auxquelles j'ai fait allusion ». 

Il a ajouté que l'accord prévoit également une assistance technique et un appui à la gouvernance dans le cadre de la lutte contre la corruption et du renforcement des capacités de l'administration publique. De la même manière, l'accord prévoit tout un article pour régler la question épineuse de l'exploitation minière artisanale.

« Il y a énormément d'efforts à faire pour que l'exploitation minière artisanale ne soit pas un foyer d'insécurité pour les investisseurs formels, ni un foyer de prolifération des groupes armés et de financement de certaines activités terroristes ». 

Bienvenu Ipan 

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