Mardi 01 avril, devant les étudiants de l’École nationale d’Administration (ENA), le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a décrypté sans détour la nature du conflit qui oppose la RDC au Rwanda. Pour lui, derrière les justifications sécuritaires avancées par Kigali se cache une réalité implacable : « Le Rwanda a besoin de nos minerais et de nos terres pour subsister. », a-t-il indiqué.
L'entretien, qui s'est déroulé au siège même de cette institution chargée de former les hauts fonctionnaires de la République, a porté sur le thème : « Enjeux de la guerre dans l'Est de la RDC : Communication de crise et diplomatie médiatique ».
Le ministre a immédiatement abordé le sujet en précisant que les enjeux de la guerre dans l'Est de la RDC sont clairs : expansion territoriale, repeuplement, contrôle et pillage des ressources, extension de la sphère d'influence et survie politique.
« Vous devez savoir que le Rwanda nous mène une guerre économique pour sa survie. Tandis que l’Ouganda n’a pas d’idées expansionnistes comme le Rwanda, il a plutôt des visées économiques qui pourraient également nous être profitables. Le Rwanda invoque comme prétextes la présence et l’armement des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), mais aussi la protection de la communauté tutsi et des revendications liées au non-respect de l'accord du 23 mars », a expliqué le ministre aux étudiants.
Patrick Muyaya a rappelé aux futurs hauts fonctionnaires que la RDC fait face à une guerre hybride où le régime de Kigali s’emploie à distiller quotidiennement son poison à travers des discours de haine et l’abandon des réfugiés congolais au Rwanda.
« Le poison rwandais est un mensonge bien orchestré, propagé par l’armée numérique rwandaise dans le but de nous affaiblir », a-t-il souligné.
Pour contrer cette guerre, la RDC a engagé plusieurs fronts : militaire, diplomatique, médiatique, judiciaire et économique. Le ministre a insisté sur les efforts du gouvernement pour obtenir des résultats dans chacun de ces domaines. Il a rappelé à ces cadres, actuels et futurs, qu’en diplomatie, ce sont les intérêts qui priment, et non l’empathie.
Patrick Muyaya a également indiqué qu’une cellule de crise avait été mise en place après le discours à la nation du chef de l’État, le mercredi 29 janvier 2025, pour répondre vigoureusement à la désinformation propagée par l’armée numérique rwandaise et ses alliés.
Pour sa part, le directeur général de l'ENA, Cédric Tombola Muke, a insisté sur l’importance d’investir dans le capital humain et intellectuel pour bâtir une nation forte.
« L'ENA participe activement à cet effort d’accumulation du capital humain. Elle a pour missions le recrutement, la formation initiale et continue des cadres supérieurs de l’État, la conduite de recherches, ainsi que l’accompagnement des administrations publiques congolaises, afin de construire une gouvernance transparente, performante et au service des citoyens », a-t-il déclaré.
Joël Makelela, délégué de promotion, a quant à lui affirmé :
« Le ministre est venu nous encourager à collaborer avec les pouvoirs publics, en adoptant un langage et une communication adaptés à notre rôle. Le fait d’être à l'ENA signifie que nous évoluons dans les couloirs de l’État. En tant que représentants de l’État, nous devons véhiculer un discours différent de celui entendu dans la rue. Notre mission est de relayer le message des autorités qui œuvrent sur tous les fronts pour rétablir la paix. Nous profitons de cette occasion pour rassurer nos frères : chacun, dans son domaine de compétence, contribuera à cet édifice commun ».
À l’issue de ces échanges, Marie Clémence Kangite, élève de la 9ème promotion "Mamadou Ndala", a exprimé sa satisfaction :
« C’est un honneur d’accueillir le ministre Patrick Muyaya. Nous avons échangé sur les enjeux de la guerre à l’Est, une réalité qui menace gravement notre population. Il nous a éclairés sur les différents fronts – médiatique, militaire et judiciaire – et nous a incités à devenir des acteurs engagés contre le poison rwandais. Cet échange fut une prise de conscience : nous devons désormais défendre notre patrie sur tous les fronts pour restaurer la paix ».
Ce que le gouvernement attend des étudiants de l'ENA :
- Assumer leur devoir patriotique en tant qu’acteurs majeurs de la communication républicaine ;
- Devenir des soldats de l’armée numérique congolaise ;
- Défendre la vérité face à la désinformation et aux manipulations ;
- Se mobiliser, chacun selon ses compétences, dans l’effort de guerre ;
- Prôner l’unité nationale et soutenir les forces de défense, ainsi que le commandant suprême.
Bienvenu Ipan