RDC : "la loi sur l'accès à l'information tarde à cause de manque d'intérêt et la mauvaise foi des députés" (Florimond Muteba)

Florimond Muteba
PAR Deskeco - 10 sep 2020, Dans Actualités

L’accès à l’information est un des droits inaliénables dont a besoin chaque peuple pour connaitre la gouvernance de son pays, malheureusement en RDC la loi sur l'accès à l'information publique demeure toujours dans les tiroirs du parlement. L'adoption de cette loi semble n'est pas intéresser les législateurs congolais.

Florimond Muteba, PCA de l'Observatoire de la dépense publique (ODEP), interrogé à ce sujet par DESKECO.COM, estime que l'adoption de cette loi tarde à cause du manque d'intérêt et de la mauvaise foi des députés congolais. Il a répondu à nos questions à ce sujet, au cours de l'atelier de renforcement des capacités des acteurs de la société civile devant prendre part à la campagne de plaidoyer en faveur de la Cour des Comptes, organisé par le CNPAV.

"C'est le manque d'intérêt et la mauvaise foi de nos députés. Puisqu'avant cette nouvelle législature le Sénat l'avait déjà adopté, il restait l'Assemblée nationale. Malheureusement, on est aujourd'hui obligé de tout recommencer parce qu'il s'agit d'une nouvelle législature. On ne sent pas l'intérêt des députés et autres sénateurs pour cette loi. C'est plus la société civile et les médias qui s'intéressent à cette loi. C'est le manque d'amour pour le pays", a dit Florimond Muteba.

A l'en croire, l'inexistence de cette loi empêche la société civile, les médias congolais ainsi que tous les citoyens du pays, à obtenir la bonne information facilement auprès des sources nécessaires. Il a, de ce fait, cité le rapport de l'ODEP sur le programme des 100 jours du chef de l'État qui a duré presque 6 mois, à défaut de la difficulté d'accès à l'information. 

"Certains rapports durent au niveau de la société civile, à cause du manque de cette loi. Par exemple, le rapport sur le dossier des 100 jours que nous avons mené avait duré pendant 6 mois. Parce qu'il fallait avoir la bonne information. Il y a des rapports en cours qui traînent, à cause du manque de cette loi. Nous faisons l'effort de travailler avec certaines sources de bonne foi. Par exemple, nouvelle des exonérations qui font perdre plus de 5 milliards de dollars au trésor public, nous l'avons obtenu d'un haut cadre d'une des régies financières. Il l'a fait pour aider le pays à avancer. Et aujourd'hui, l'Inspecteur général des finances a confirmé notre rapport", dit-il.

L’accès à l’information publique est le droit de toutes les personnes physiques et morales de rechercher, d’accéder et de recevoir des informations des organismes publics et privés exerçant une fonction publique et le devoir de l’Etat de fournir de telles informations.

Le droit à l’information est reconnu par l’ONU durant sa première session et la déclaration universelle de droit de l’homme dans son article 19 et 27 reconnait cela pour tout homme. Le droit d’accès à l’information n’est pas limité qu’aux professionnels de média mais à tout homme quel que soit sa nationalité et son rang social.

La Campagne "Le Congo n'est pas à vendre" (CNPAV) poursuit son atelier de renforcement des capacités des acteurs de la société civile devant prendre part à la campagne de plaidoyer en faveur de la Cour des Comptes, ce jeudi 10 septembre. Plusieurs structures de la société civile évoluant dans différents domaines d'intervention, prennent part à ces assises. Il y a notamment les structures spécialisées dans la passation de marché dont GREM et IFORDI. Il y a aussi les principales structures de contrôle des Finances publiques (REGED, ODEP). Les structures de la lutte pour les droits humains ainsi que les mouvements citoyens Lucha et Filimbi prennent également part. 

Jordan MAYENIKINI

 
 

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