André Wameso, gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), appelle la population congolaise au calme et à ne rien craindre concernant la mesure de l’importation exclusive des devises étrangères par son institution à partir du mois d’avril 2027. Il l’a dit devant la presse jeudi 8 octobre dernier, lors d’une conférence de presse d’après la réunion du Comité de politique monétaire.
« La détention des dollars ne sera pas illégale. Vous pourrez avoir des dollars chez vous à la maison, vous pourrez avoir des dollars dans votre porte-monnaie. Ça serait encore mieux si vous avez des dollars dans votre compte en banque. On ne va pas les arrêter dans, au coin de la rue parce qu’ils ont des dollars en poche », a indiqué André Wameso.
Sous un ton ironique, le gouverneur de la BCC, Wameso, dit que les cotisations en famille, entre amis ou entre collègues, y compris des offrandes dans les églises, peuvent toujours se faire en dollar.
« Ce n’est pas interdit parce que ce n’est pas une transaction commerciale », insiste-t-il.
Mais en cas de transaction commerciale, insiste le gouverneur, c’est-à-dire lors des achats dans une boutique, un supermarché ou un restaurant, le client aura désormais le choix entre le franc congolais ou le dollar américain, même si la facture est émise en dollars américains.
Cette mesure va favoriser une « meilleure traçabilité, renforcer la digitalisation et lutter contre le blanchiment de capitaux, surtout à travers les devises étrangères », explique le gouverneur.
Le gouverneur Wameso annonce également une vaste campagne de communication autour de cette réforme.
En avril dernier, la BCC avait annoncé qu’elle va détenir l’exclusivité de l’importation physique des billets en devises étrangères, notamment du dollar américain.
À l’époque, Wameso annonçait « l’interdiction totale des transactions en espèces en monnaies étrangères sur l’ensemble du territoire national », qu’il s’agisse de particuliers ou d’entreprises ; aucune opération en cash en devises ne sera désormais autorisée, indépendamment du montant. Seules les transactions scripturales via les circuits bancaires resteront permises.
Cette déclaration a été dès lors sujette à diverses interprétations, que le gouverneur essaie désormais d’éclairer à chaque prise de parole en public.
Bruno Nsaka