Conseil de sécurité de l’ONU : « Nous devons réduire les flux illicites et renforcer la transparence tout au long des chaînes d'approvisionnement des minerais » (Antonio Guterres)

Antonio Guterres, Sécretaire Général des Nations-Unies
Antonio Guterres, Sécretaire Général des Nations-Unies
PAR Deskeco - 27 juil 2026 10:13, Dans Mines

 

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a, dans un discours, appelé le Conseil de sécurité à renforcer les mécanismes de lutte contre l'exploitation illicite des ressources naturelles notamment en République démocratique du Congo. Son intervention est intervenue lors d'une réunion organisée sous la présidence mensuelle de la RDC au Conseil de sécurité des Nations unies, consacrée aux ressources naturelles et à leur influence sur les conflits et la paix.

Antonio Guterres a particulièrement insisté sur la situation dans l'est de la RDC, où l'exploitation illégale et la contrebande de minerais constituent, selon lui, une source de financement pour les groupes armés.

« Trop souvent, les revenus issus de l'exploitation illicite des ressources naturelles éloignent toute perspective de paix. Ils renforcent les groupes armés et les réseaux criminels. Ils relient les violences locales à des réseaux régionaux et internationaux et sapent les perspectives de compromis politique. Nous le voyons dans l'est de la République démocratique du Congo, où les groupes armés profitent de l'exploitation minière illégale et de la contrebande de minerais, tandis que les populations civiles continuent de payer le prix du conflit », a déclaré Antonio Guterres.

Cette situation pose également la question de la traçabilité des minerais produits dans les zones affectées par les conflits et de leur circulation jusqu'aux marchés internationaux. Le secrétaire général de l'ONU estime que la lutte contre les circuits illicites doit couvrir l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement. Pour Antonio Guterres, les efforts internationaux doivent dépasser le seul contrôle des sites miniers. Les minerais peuvent être extraits dans un pays, transportés à travers un autre, transformés ailleurs avant d'être commercialisés sur les marchés mondiaux.

« Nous devons réduire les flux illicites et renforcer la transparence tout au long des chaînes d'approvisionnement des minerais. Les ressources naturelles sont souvent extraites dans un pays, transportées par un autre, transformées ailleurs et finalement vendues sur les marchés mondiaux. Une action efficace doit donc couvrir l'ensemble de la chaîne de valeur et pas seulement le lieu d'extraction. La coopération entre les États producteurs, les pays de transit et les pays consommateurs est essentielle pour combler les lacunes en matière de réglementation et d'application de la loi », a-t-il insisté.

Au-delà de la lutte contre le financement des groupes armés, Antonio Guterres a appelé à une transformation profonde du modèle d'exploitation des ressources naturelles. Il souhaite que les pays producteurs, notamment la RDC, conservent une part plus importante de la valeur générée par leurs ressources.

Antonio Guterres a enfin appelé les membres du Conseil de sécurité à privilégier les solutions politiques et la prévention des conflits liés aux ressources naturelles.

« Si nous n'agissons pas, l'exploitation illicite des ressources naturelles continuera d'alimenter les inégalités, l'instabilité et la violence. Ces ressources doivent plutôt être gérées de manière à financer un développement inclusif et durable, à renforcer les institutions et à faire progresser la paix et la prospérité pour tous. En définitive, il s'agit d'un choix politique. Et je vous exhorte, en tant que membres de ce Conseil, à choisir la paix », a-t-il conclu.

Jean-Baptiste Leni

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