Le gouvernement congolais entend renforcer le contrôle des opérations commerciales à Kasumbalesa, un poste frontalier situé à la frontière de la RDC et la Zambie afin de mettre un terme aux pratiques frauduleuses qui occasionnent des pertes estimées à 2,5 milliards de dollars américains par an pour le Trésor public. En mission à ce principal poste frontalier, ce mardi 7 juillet 2026, le ministre du Commerce extérieur Julien Paluku a annoncé une politique de "tolérance zéro" contre les irrégularités douanières observées à ce poste frontalier que le gouvernement compte mettre en place.
Accompagné du ministre de l'Industrie, de l'Entrepreneuriat et du Développement des PME, Justin Kalumba Mwana Ngongo, du gouverneur intérimaire du Haut-Katanga, Martin Kazembe, et du directeur général de l'Office congolais de contrôle (OCC), Pierre Lohohola, le ministre s'est rendu au poste frontalier de Kasumbalesa afin d'évaluer le fonctionnement des échanges commerciaux entre la RDC et la Zambie.
Selon un communiqué du ministère de Commerce extérieur, cette visite visait également à identifier les difficultés qui entravent les opérations commerciales et à accélérer la mise en œuvre de la dématérialisation des procédures de pré-dédouanement, de dédouanement et de post-dédouanement des marchandises, lancée en décembre 2025 par le gouvernement.
"Objectif, palper les réalités sur le flux des transactions entre la République Démocratique du Congo et la Zambie, ainsiqu'avec le reste du monde, les défis auxquels fait face le Gouvernement et voir comment envisager le type de solutions,avec la mise en contribution de la dématérialisation totale des procédures de pré-dédouanement, dédouanement et post-dédouanement des marchandises, lancée en décembre dernier par la Première Ministre, Judith Suminwa, pour ainsi reduire les coûts et les délais pendant les opérations commerciales ,maximiser les recettes publiques et bien vendre l'image du pays" a rapporté le ministère du Commerce extérieur.
Selon le ministre, ces pratiques frauduleuses privent chaque année le Trésor public de près de 2,5 milliards de dollars américains. Pour y mettre fin, il a demandé, au cours de la réunion technique avec les responsables des services commis à la frontière, à la société ITM Border Service d'intégrer un module spécifique destiné à surveiller le phénomène « Bilanga » et a insisté sur l'utilisation obligatoire du Guichet unique intégral du commerce extérieur (GUCE), ainsi que sur une meilleure collaboration entre les différents services présents à la frontière.
"Le Ministre du Commerce Extérieur a, au nom du Gouvernement, sifflé la fin de la récréation, en annonçant la tolérance zéro pour enfinir avec les pratiques irrégulières dont le phonème Bamba roho,avec ce système frauduleux, les véhicules sont hors gabarit, le phénomène bilanga , le fractionnement des marchandises,la sous -evaluation et la dénaturation des marchandises avec la complicité de certains agents; des pratiques qui font saigner le trésor public, avec une perte de 2,5 milliards de dollars par an , d'où il a instruit la société ITM Border Service d'intégrer un segment pour surveiller le phénomène Bilanga, et ce, avant de recommander la collaboration entre les services et l'utilisation obligatoire du Guichet Unique Intégral du Commerce Extérieur-GUCE", rapporte la même source.
Le gouvernement a également annoncé plusieurs projets destinés à moderniser les infrastructures frontalières. Il s'agit notamment de la construction prochaine d'un poste frontalier à arrêt unique à Kasumbalesa et d'un port sec moderne afin de fluidifier les échanges commerciaux. Par ailleurs, Julien Paluku a confirmé le lancement prochain du Régime commercial simplifié (RECOS) entre la RDC et la Zambie. Ce mécanisme vise à faciliter les activités des petits commerçants transfrontaliers grâce à des procédures allégées et adaptées aux échanges de faible valeur.
La mission gouvernementale s'est achevée par une visite guidée des installations du poste frontalier de Kasumbalesa, considéré comme l'un des principaux corridors commerciaux de la République démocratique du Congo.
Jean-Baptiste Leni