Vingt jours après la déclaration officielle de l’épidémie d’Ebola de souche Bundibugyo, la République démocratique du Congo se félicite de la progression du taux de traçabilité des cas contacts avec les patients qui passe aujourd'hui de 9 à 55,5 % dans les trois provinces concernées par l’épidémie à savoir l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
"Alors que le taux de traçage n’était que d’environ 9 % au début de l’épidémie, il atteint désormais 55,5 %. Cette progression est importante parce qu’elle nous permet d’identifier rapidement les personnes exposées, de les surveiller étroitement et d’intervenir sans délai en cas d’apparition de symptômes", a expliqué le ministre de la Santé publique, Hygiène et et Prévoyance sociale, Dr Roger Samuel Kamba Mulamba. C'était à la faveur d'un briefing spécial conjointement organisé le jeudi 4 juin 2026 avec son collègue de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement.
À en croire le Dr Roger Kamba, les contacts considérés comme étant à très haut risque font également l’objet d’un suivi renforcé, pouvant aller jusqu’à l’isolement préventif.
« Notre objectif est désormais d’atteindre 90 % de traçage. Cela nous permettra d’anticiper davantage l’apparition de nouveaux cas et de mieux contrôler la propagation de la maladie », a-t-il ajouté.
Et de poursuivre:
"Le gouvernement a également procédé à la mise en place de nouveaux centres de traitement Ebola ainsi qu’au renforcement des dispositifs de protection destinés aux équipes médicales et aux personnels engagés sur le terrain. Les équipements de protection individuelle sont disponibles, tandis que l’alimentation et la prise en charge complète des patients sont assurées dans les différentes structures de traitement".
Le ministre de la Santé a mis en avant les progrès significatifs réalisés dans le domaine du diagnostic grâce à l’extension du réseau de laboratoires et à l’amélioration des capacités techniques de dépistage.
À ce jours, 381 cas confirmés, 63 décès enregistrés
« Aujourd’hui, nous pouvons communiquer avec précision sur le nombre de cas grâce à la méthode RapidOne, qui présente moins de 2 % de faux négatifs. Lorsqu’un test est négatif, il l’est réellement dans la quasi-totalité des cas », a-t-il indiqué.
« Nous ne sommes ni à 900 ni à 1.000 cas, comme certaines informations le laissent entendre. À ce jour, nous totalisons 381 cas confirmés. Parmi ces cas, 63 décès ont été enregistrés, soit un taux de létalité inférieur à 17 %. », a précisé le ministre de la Santé.
Selon lui, la capacité nationale de dépistage approche désormais les 100 %.
« Nous avons reçu plus de 4.000 kits de dépistage de l’Africa CDC ainsi que des appuis de la Banque mondiale. De ce point de vue, nous ne faisons face à aucune difficulté majeure », a-t-il affirmé.
À titre illustratif, il a cité un nouveau laboratoire installé à Mongwalu, à environ 70 kilomètres de Bunia, permettant désormais la réalisation des analyses directement sur place. Grâce à ces nouvelles capacités, s'est-il félicité, l’ensemble des échantillons reçus est traité dans un délai maximal de 24 heures.
« Nous n’avons plus besoin de parler de grands volumes de cas suspects. Les personnes prélevées sont désormais confirmées ou infirmées dans la même journée », a indiqué le ministre.
Bienvenu Ipan