Les États-Unis ont intensifié leur soutien financier et opérationnel dans la lutte contre l’épidémie d’Ebola en Afrique centrale. Selon un point publié le 3 juin 2026 par le Département d’État américain, les enveloppes d’aide extérieure mobilisées pour appuyer la réponse sanitaire ont désormais dépassé 162 millions USD, en coordination avec les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) et plusieurs partenaires régionaux, dont la République démocratique du Congo et l’Ouganda.
Cette mobilisation s’inscrit dans une dynamique de riposte rapide visant à limiter la propagation du virus et à renforcer les capacités sanitaires des pays touchés. Au-delà du chiffre, Washington insiste sur la continuité de son engagement humanitaire dans une région déjà confrontée à d’importants défis sanitaires et sécuritaires.
« À ce jour, le montant des enveloppes d’aide extérieure annoncées par le département d’État des États-Unis pour lutter contre l’épidémie a dépassé 162 millions de dollars. Le département d’État a rapidement mis en place six centres de soins spécialisés dans la lutte contre Ebola et soutient des dizaines de centres sanitaires afin de dépister les cas potentiels et de transporter et traiter les cas confirmés. L’aide américaine à la lutte contre Ebola s’ajoute à l’aide sanitaire importante déjà apportée par les États-Unis dans les pays touchés à la lutte contre le VIH, la tuberculose, le paludisme et à d’autres domaines de santé », a indiqué le département d’Etats américain.
Dans les zones affectées, l’appui américain se matérialise par la mise en place de centres spécialisés dans la prise en charge des cas suspects et confirmés, ainsi que par le soutien à des dizaines de structures sanitaires chargées du dépistage et de l’orientation des patients. Six centres dédiés à Ebola ont été déployés, en plus d’unités de traitement et de centres de transit qui permettent d’isoler les cas et de limiter la transmission communautaire.
Au début de la réapparition de cette épidémie, Washington avait annoncé 13,5 millions USD, ensuite avait ajouté 80 millions USD dans le cadre de la riposte.
Sur le terrain, les partenaires financés par les États-Unis multiplient les actions de proximité. En République démocratique du Congo, l’organisation FHI 360 participe notamment au renforcement des capacités de diagnostic, à la formation du personnel de laboratoire et à l’acheminement des échantillons vers les structures spécialisées. Cette décentralisation des analyses vise à réduire les délais entre la collecte des prélèvements et leur traitement, un facteur jugé déterminant dans la maîtrise de l’épidémie.
« Au-delà de l’aide sanitaire, le département d’État fournit également 350 millions de dollars par le biais des fonds communs de l’OCHA à la RDC, au Soudan du Sud et à l’Ouganda pour des opérations humanitaires, dans le cadre d’un financement américain supplémentaire de 1,8 milliard de dollars accordé à l’OCHA et annoncé le 14 mai » ajoute le département.
La dimension communautaire occupe également une place centrale dans la riposte. Toujours selon les acteurs impliqués, des relais locaux, des leaders religieux et des organisations de jeunes sont mobilisés pour diffuser des messages de prévention, combattre les rumeurs et encourager l’adhésion aux mesures sanitaires. Des campagnes radiophoniques en français et en swahili sont diffusées afin de toucher les populations les plus exposées.
Un acteur humanitaire engagé dans la communication sur les risques explique que l’enjeu dépasse la seule information médicale.
« Il ne s’agit pas uniquement de transmettre des consignes, mais de rétablir la confiance entre les communautés et les équipes de santé. Sans cette confiance, la riposte perd en efficacité », confie-t-il.
Jean-Baptiste Leni