Lors de la 88e réunion ordinaire du Conseil des ministres tenue le vendredi 8 mai, le gouvernement a adopté de nouvelles stratégies présentées par le ministre du Commerce extérieur afin de protéger les producteurs à la suite de la baisse des cours du cacao sur le marché mondial.
Dans son exposé, le ministre a expliqué que cette baisse brutale, sensible et continue des prix du cacao résulte principalement de trois facteurs majeurs à savoir: une offre excédentaire durant la campagne 2025-2026; la reconfiguration de la demande de l’industrie chocolatière européenne; ainsi que le manque de coordination entre les deux principaux producteurs ouest-africains, la Côte d’Ivoire et le Ghana.
Selon le ministre, cette situation affecte durement les producteurs congolais, déjà confrontés à plusieurs difficultés internes, notamment la fragmentation de l’offre, le déficit de qualité et de transformation locale ainsi que les contraintes logistiques.
S’appuyant sur les données de la Commission nationale des mercuriales (CNM), il a indiqué que le cacao se négocie actuellement à 3,09 USD le kilogramme durant la semaine du 6 au 11 avril 2026. Ce prix marque une forte baisse comparativement à décembre 2025 alors que le kilogramme s’échangeait à 5,85 USD, alors qu’en décembre 2024, les cours avaient atteint des niveaux historiques avoisinant 11 USD sur les marchés internationaux.
Face à cette situation, le ministère du Commerce extérieur a mis en place une stratégie visant à protéger les producteurs locaux contre la spéculation, en privilégiant les mécanismes du marché plutôt qu’une administration rigide des prix.
Cette stratégie repose notamment sur la diversification des marchés d’exportation, la mise en conformité qualitative de la production ainsi que l’accroissement des capacités productives nationales.
Compte tenu du caractère transversal de cette problématique, le ministre a également proposé plusieurs mesures sectorielles destinées à contrer les menaces qui pèsent sur la filière cacao et à stabiliser « l’or brun » en République démocratique du Congo.
Divine Mbala