Longtemps marqué par des déficits récurrents liés aux mécanismes de compensation, le secteur pétrolier congolais semble amorcer un tournant décisif. Lors de la 78ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres tenue ce vendredi 13 février 2026, la première ministre, Judith Suminwa, est revenue sur le dossier de la certification des pertes et manques à gagner des sociétés pétrolières de la zone Ouest pour le quatrième trimestre 2025, qui s’est soldée par un gain net de 22 311 802,43 dollars américains au profit de l’État.
Un résultat qui traduit, selon la cheffe du gouvernement, un rétablissement progressif de l’équilibre financier dans un secteur stratégique.
« Ces résultats constituent un jalon majeur dans l’assainissement structurel du secteur pétrolier. Ils consacrent une rupture avec une tendance historiquement marquée par des manques à gagner récurrents et confirment l’efficacité des réformes engagées par le gouvernement dans un esprit de discipline budgétaire, de transparence et de responsabilité », a-t-elle affirmé devant les membres du gouvernement.
Au-delà du chiffre, Judith Suminwa a mis en avant la solidité du dispositif technique ayant permis d’aboutir à cette certification favorable. Elle a évoqué la consolidation d’un modèle de gouvernance fondé sur des paramètres objectivement vérifiables : les prix moyens frontières, les volumes validés par le ministère des Hydrocarbures et le taux de change officiel publié par la banque centrale.
À cela s’ajoute une coordination renforcée entre les administrations compétentes et les opérateurs du secteur, élément déterminant pour éviter les écarts et les déséquilibres constatés par le passé.
Dans cette perspective, la certification prochaine de la zone Sud-Est, structurellement favorable en termes de gains, devrait renforcer davantage cette dynamique positive et confirmer la soutenabilité du modèle mis en place.
Pour Judith Suminwa, l’enjeu dépasse la seule performance trimestrielle. Il s’agit d’inscrire durablement le secteur pétrolier dans une logique de contribution accrue aux finances publiques.
« La performance du secteur pétrolier doit contribuer pleinement au financement des politiques publiques et à la réalisation des priorités nationales. Le gouvernement demeurera attentif aux préoccupations légitimes des opérateurs, notamment nationaux, afin que la rationalisation du secteur pétrolier bénéficie à l’ensemble des acteurs et soutienne durablement notre économie », a-t-elle conclu.
La première ministre a, dans ce cadre, encouragé le vice-Premier ministre en charge de l’Économie ainsi que l’ensemble des administrations concernées à poursuivre les efforts visant à accroître les recettes, dans le strict respect des normes établies et dans un esprit d’engagement patriotique.
Avec ce gain net enregistré au quatrième trimestre 2025, l’exécutif entend démontrer que la rigueur budgétaire et la gouvernance structurée peuvent transformer un secteur historiquement fragile en levier stable de financement du développement national.
Jean-Baptiste Leni