Dans sa nouvelle Enquête sur les conditions de vie des ménages (ECVM), réalisée en 2024 et rendue publique en décembre 2025, l'Institut national de la statistique (INS) révèle que la croissance économique enregistrée ces dernières années n'a pas contribué à « une amélioration proportionnelle des conditions de vie pour une majorité de Congolais ».
L'INS explique ce « paradoxe » par trois « contraintes » majeures.
Ce paradoxe s'explique par plusieurs contraintes structurelles. Premièrement, « le modèle de croissance, centré sur un secteur minier capitalistique, génère peu d'emplois, comme en témoigne la faible élasticité emploi-croissance, estimée à 0,5 (INS, Comptes nationaux) ».
« La création d'emplois formels, d'environ 3 % par an, est insuffisante pour absorber la main-d'œuvre croissante, confinant une large part de la population à des activités de subsistance et au secteur informel », explique l'INS.
Ensuite, « la pression démographique, avec un taux de croissance d'environ 3,2 % par an, érode les gains de revenu par habitant ».
Enfin, « les canaux de redistribution de la richesse sont défaillants ».
« La faible mobilisation des recettes fiscales et l'ampleur des dépenses fiscales limitent la capacité de l'État à investir dans les services sociaux, tandis que les liens économiques entre le secteur minier et le reste de l'économie restent faibles, minimisant les retombées pour les ménages ».
Pourtant, la RDC a affiché une performance macroéconomique robuste en 2024, avec une croissance du produit intérieur brut (PIB) réel de 6,7 %, consolidant sa position parmi les économies à la croissance la plus rapide d'Afrique.
Selon plusieurs rapports, notamment ceux de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), le secteur extractif a contribué à la croissance économique du pays à hauteur de 12,8 %, tiré par une production accrue de cuivre et de cobalt et des cours internationaux favorables.
« Cette croissance s'est inscrite dans un cadre de stabilité macroéconomique préservée et caractérisée par une discipline budgétaire et un contrôle de l'inflation, celle-ci étant ramenée à 11,7 % en fin d'année », note l'INS.
Avant de conclure :
« Malgré ces résultats positifs, l'économie reste structurellement dépendante des industries extractives, le secteur non minier n'ayant progressé que de 2,6 %. »