INDABA Mining 2026 : OEARSE plaide pour un Corridor de Lobito inclusif et souverain pour la RDC

Photo d'illustration d'un train sur une voie ferroviaire
Photo d'illustration d'un train sur une voie ferroviaire
PAR Deskeco - 13 fév 2026 07:36, Dans Actualités

 En marge du forum international INDABA Mining 2026, l’Observatoire d’Études et d’Appui à la Responsabilité Sociale et Environnementale (OEARSE) a lancé un appel aux autorités congolaises et aux partenaires internationaux afin que le projet du Corridor de Lobito devienne un véritable levier de développement inclusif et souverain pour la République démocratique du Congo.

Présenté comme une opportunité géostratégique majeure dans un contexte mondial marqué par la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques, le Corridor de Lobito pourrait accélérer l’exploitation minière et renforcer l’intégration régionale. Toutefois, OEARSE estime que plusieurs interrogations demeurent quant à la place réelle de la RDC dans la gouvernance, la structuration et le partage des bénéfices liés à ce projet d’envergure.

L’organisation pointe notamment le faible niveau de transparence des accords, l’absence d’un débat public inclusif au niveau national ainsi que le manque d’une vision stratégique clairement définie par les autorités congolaises.

Pour OEARSE, le Corridor de Lobito ne doit pas se limiter à une simple infrastructure ferroviaire destinée à faciliter l’exportation des minerais. Il devrait au contraire s’inscrire dans une logique de transformation structurelle du modèle extractif actuel. L’organisation appelle ainsi à une structuration stratégique et participative du projet, fondée sur des principes de gouvernance transparente.

Parmi les attentes formulées figurent la définition d’une vision nationale participative, l’instauration d’une fiscalité équitable et optimisée, ainsi que l’application effective de l’obligation de transformation locale des minerais. OEARSE insiste également sur la protection de l’environnement, la garantie de bénéfices directs et mesurables pour les communautés locales et le repositionnement stratégique de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC), afin d’éviter sa marginalisation.

L’Observatoire recommande par ailleurs que la conception du corridor intègre des secteurs connexes essentiels au développement, notamment l’énergie comme préalable à l’industrialisation, la création de zones industrielles, le renforcement du capital humain à travers des programmes de formation technique, ainsi que des mécanismes de formalisation pour prévenir la marginalisation des exploitants miniers artisanaux. L’accès des petites et moyennes entreprises locales au projet constitue également un enjeu majeur afin d’éviter leur exclusion au profit exclusif des grandes multinationales.

Enfin, OEARSE appelle le gouvernement congolais et les partenaires techniques et financiers à clarifier les règles de gouvernance, les modalités contractuelles et les mécanismes de partage des bénéfices, tout en apportant des garanties concrètes contre les risques d’accaparement foncier et de dégradation environnementale.

Divine Mbala

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