La première réunion du Comité de pilotage conjoint (Joint Steering Committee - JSC) entre la République démocratique du Congo et les États-Unis s’est tenue ce jeudi 5 février 2026 à Washington, au Département d’État américain. Cette rencontre est une étape clé dans la mise en œuvre de l’accord de partenariat stratégique signé entre les deux pays. Au-delà du symbole, elle a permis de poser les bases opérationnelles du dispositif et de clarifier le calendrier des engagements. Voici l’essentiel à retenir.
Des priorités clairement établies
Les travaux du JSC ont porté en priorité sur l’examen de la liste des actifs stratégiques (Strategic Asset Reserve - SAR) soumise par la RDC. Cette liste, qui comprend notamment des minerais critiques, l’or et des zones d’exploration libres, fera l’objet d’un rapport conjoint RDC-États-Unis.
L’objectif est d’informer et de mobiliser le secteur privé américain autour d’opportunités d’investissement jugées stratégiques pour l’industrialisation et la stabilisation du pays.
Dans ce cadre, les projets déjà appuyés par U.S. International Development Finance Corporation (DFC) ont été retenus comme prioritaires par le groupe de travail conjoint, confirmant la volonté de s’appuyer sur des instruments financiers existants pour accélérer les investissements.
Une assistance technique américaine sur le terrain
Autre point important : le partenariat prévoit une assistance technique substantielle, avec le déploiement d’équipes américaines en RDC et dans la région. Ces équipes travailleront en étroite coordination avec les autorités congolaises afin d’identifier précisément les besoins d’appui, tant sur le plan institutionnel que technique, pour la maturation des projets stratégiques.
Un calendrier déjà largement respecté
L’accord de partenariat stratégique encadre la coopération par une série de rendez-vous formels et réguliers, dont plusieurs jalons ont déjà été franchis.
Dans les 15 jours (fait) : notification officielle de la composition des délégations siégeant au JSC. Du côté américain, il s’agit du Département d’État, Trésor, Commerce, DFC et une agence supplémentaire désignée par Washington. Cependant du côté congolais, il s’agit des ministères des Affaires étrangères, de l’Économie nationale, de Finances, du Plan et de la Présidence.
Dans les 30 jours (fait) : transmission par la RDC de la liste initiale des actifs du SAR et des “DRC Designated Strategic Projects”, considérés comme structurants.
Dans les 90 jours (fait) : tenue de la première réunion du JSC, désormais appelée à devenir la plateforme centrale de pilotage du partenariat.
Un mécanisme de gouvernance structuré et régulier
Le texte prévoit que le Comité de pilotage conjoint se réunisse deux fois par an, en présentiel ou en virtuel, sous la co-présidence du Département d’État américain et d’un membre du gouvernement congolais désigné. Des réunions ad hoc peuvent être convoquées à tout moment, avec un délai minimal de convocation de 10 jours ouvrables, sauf accord contraire des co-présidents.
L’Ambassade des États-Unis à Kinshasa jouera par ailleurs un rôle actif : la RDC devra fournir des briefings trimestriels sur les quotas d’exportation de cobalt, leur justification et leur calendrier d’application, auxquels les membres du Comité de pilotage conjoint pourront assister.
Vers un forum économique bilatéral de haut niveau
Dans un horizon d’un an, l’accord institue un « United States–DRC Binational Economic Partnership Forum » (BEPF). La première réunion devra se tenir dans les 365 jours suivant l’entrée en vigueur de l’accord.
Le forum se réunira ensuite tous les deux ans, en alternance entre Washington et Kinshasa, avec la participation du secteur privé.
Chaque année, le Comité de pilotage conjoint devra examiner l’état des incitations fiscales et réglementaires, notamment les réformes de la loi fiscale congolaise, et formuler des recommandations conjointes.
Après 18 mois, puis tous les 12 mois, les projets du SAR n’ayant pas suscité d’offres seront réévalués afin d’en accroître l’attractivité. Une revue générale de l’accord est également prévue tous les trois ans.
Un focus particulier sur le projet Grand Inga
Enfin, l’accord crée un Comité de coordination et de gouvernance du projet hydroélectrique Grand Inga, composé à parts égales de représentants congolais et américains. Sa mission sera de coordonner la mobilisation des capitaux et des investissements pour ce projet structurant, selon un fonctionnement régulier adapté aux besoins, sans calendrier rigide prédéfini.
Jean-Baptiste Leni