RDC : 7 recommandations de la Banque centrale au gouvernement pour inscrire la stabilité du cadre macroéconomique dans la durée en 2021

BCC
PAR Deskeco - 14 jan 2021 09:29, Dans Finances

Malgré la crise sanitaire de covid-19, la République démocratique du Congo a terminé l’année 2020 avec des indicateurs du cadre macroéconomique stables : Le taux de change s’est situé à 2.020,0 CDF le dollar américain à fin décembre 2020 venant de 1.725,7 CDF une année auparavant ; La monnaie nationale s’est dépréciée de 15,16 % en 2020 contre une dépréciation de 2,23 % en 2019 ; le taux d’inflation (annualisé, cumulé de l’année et en glissement annuel) s’est situé à 15,76 %.

Ces résultats sont les fruits d’une batterie des mesures arrêtées au mois d’août 2020 par le gouvernement en collaboration de la Banque centrale du Congo notamment : signature et mise en œuvre du pacte de stabilité entre le Gouvernement et la Banque Centrale ; gel temporaire opéré dans le paiement des dépenses publiques dans le cadre de la stratégie de la résorption de la liquidité excédentaire sur le marché ; absence de financement monétaire du déficit public depuis le mois de mai ; interdiction d’affichages à la rue, du taux de change ; durcissement de la politique monétaire ; mise en œuvre d’une gestion prudente de liquidité bancaire par la Banque Centrale.

Dès lors, en tant que conseiller économique et financier du gouvernement, la Banque Centrale recommande à l’Exécutif de maintenir la stabilité du cadre macroéconomique par la mise en œuvre des 7 mesures suivantes :

  • Elaboration d’un Plan de trésorerie réaliste et cohérent avec le plan d’engagement ;
  • Respect strict de ce Plan de trésorerie ;
  • Poursuite de l’application des dispositifs du pacte de stabilité en s’abstenant d’envoyer à la BCC des ordres de paiement en l’absence d’une provision préalable ;
  • Opérationnalisation des Bons du Trésor indexés à partir de janvier 2021 ;
  • Hiérarchisation impérieuse des dépenses publiques, lors de l’exécution, selon qu’elles sont contraignantes (salaires, dette extérieure, santé, etc.), prioritaires et moins prioritaires ;
  • Accélération de la mise en œuvre des mesures retenues comme préalables à la conclusion du programme à moyen terme avec le FMI et la Banque Mondiale ;
  • Mise en œuvre des différentes réformes structurelles initiées à ce jour pour booster davantage la production et assurer l’import-substitution.

De son côté, l’Institut d’émission se fait le devoir de maintenir le verrou central du dispositif mis en place dans le cadre du pacte de stabilité, en ce qui concerne l’exécution sur base caisse des dépenses publiques ; d’accélérer le processus relatif à la réforme du cadre de la politique monétaire et de change ainsi que de préserver l’équilibre entre l’offre et la demande de liquidité par la poursuite d’une politique monétaire et de change prudente.

Pour la BCC, l’observation de ces mesures s’impose du fait qu’il existe des facteurs des risques tant au plan interne qu’au plan externe.

Au plan interne, à en croire la Banque centrale du Congo, le cadre macroéconomique congolais reste “fragile et exposé à de nombreux risques” en 2021 notamment: Risque d’emballement des prix intérieurs et du taux de change, aux deux premiers mois de l’année 2021, suite à la pression sur la demande des devises liée à la reconstitution des stocks par les opérateurs économiques après les festivités de fin d’année ; Risque d’un recul de l’activité économique, en cas de la persistance des effets néfastes du Covid-19 ; Risque d’une crise des finances publiques en cas de :  faiblesse structurelle des recettes publiques, en l’absence d’échéance fiscale au premier trimestre, et faible niveau des moyens de couverture en termes d’appui de la BAD et du FMI ; faible attractivité des bons du Trésor ; forte pression sur les dépenses publiques, en considérant les dépenses attendues du mois ainsi que les arriérés de paiement de 2020.

Au plan externe, la BCC redoute : 1. Risque de forte contraction de l’activité économique mondiale du fait de la persistance de la crise de covid-19 et de la chute des investissements étrangers ; 2. Crainte des effets indésirables et non contrôlables des vaccins actuellement proposés contre le Covid-19. En effet, si ces effets s’avèrent néfastes pour l’être humain, l’économie mondiale s’en ressentira davantage.

Amédée Mwarabu

 
 

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