RDC : pour Marcellin Bilomba, la prise en charge de Joseph Kabila est à la base d'une bonne partie de dépassement budgétaire à la présidence

Marcelin Bilomba
PAR Deskeco - 13 nov 2020, Dans Actualités

Marcelin Bilomba, Conseiller principal en Économie et Finances du chef de l'État, plaide pour la révision de la loi portant statut des anciens présidents de la République afin d'assouplir la loi de finances afin d'éviter les dépassements budgétaires comme c'est le cas de la loi de reddition de comptes 2019.

Pour lui, le budget voté en 2019 n'avait pas pris en compte la prise en charge de l'ancien chef de l'État, Joseph Kabila, qui est sous la charge de la présidence.

"Le Budget 2019 n'avait pas prévu, par exemple, (la prise en charge) du sénateur à vie avec des sommes exorbitantes que je ne citerai pas, bien que je les connais ", affirme le conseiller principal du Chef de l'Etat au Collège économie et finances.

Refusant de dévoiler les chiffres, invité du Magazine FACE-À-FACE sur TOP CONGO FM, Marcelin Bilomba s'est contenté d'affirmer que "ce qu'on donne au président de la République honoraire est de l'ordre de ce qu'on paie les DG des sociétés multinationales côtées en bourse, alors que la loi prévoit des sommes maudiques. Cette somme est tellement énorme que j'ai honte de le dire, pour un pays comme le nôtre où nous avons un faible niveau de mobilisation des ressources".

Pour lui, Joseph Kabila "a 2500 gardes, si pas plus au frais de la Présidence. Il est à la base d'une grosse partie" du dépassement budgétaire à la Présidence de la République.

C'est dans ce contexte q'Il exhorte les députés à revisiter la loi portant statut des anciens présidents de la République "afin de faire respirer la loi des finances".

Alors que, rappelle-t-il, le Chef de l'Etat a hérité d'une ligne des dépenses telle que, arrivé au pouvoir, il devrait se déplacer (…) faire des voyages. Il n'a pas un avion. Il fallait le louer.

Des contre-vérités 

Le conseiller principal de Félix Tshisekedi pense que la bonne période pour présenter la reddition de comptes c'est en mars et regrette que la réunion entre la Présidence et la direction de reddition de comptes n'ait pas eu lieu.

"Sous le leadership du président de la République, le 26 février, nous avons pris toutes les dispositions pour apporter la lumière dans le reclassement de comptes 2019 et collaborer avec la direction de reddition de comptes qui dépend du ministère des finances", révèle-t-il.

Et d'ajouter :

"Nous avons pris toutes les dispositions pour sortir une bonne lisibilité. Le délai butoire pour présenter la reddition de comptes est le mois de mars. Malgré cela, nous n'avons jamais tenu une seule réunion avec la direction de reddition de comptes pour produire le rapport final qui devrait suivre des étapes importantes. On devrait travailler avec la bonne collaboration et surtout que nous étions de bonne foi dans une coalition de gestion, mais pas de vision. Ce travail n'a jamais été fait".

Alors que le ministre des Finances a déposé son rapport de reddition de comptes à l'Assemblée nationale révélant que la Présidence de la République est en dépassement budgétaire de plus 14000%, Marcelin Bilomba, sans formellement démentir, rappelle la procédure.

"il aurait fallu que le rapport soit envoyé concomitamment à la Cour des comptes et à l'Assemblée nationale au 31 mars".

Mais, déplore-t-il, "ce rapport a été envoyé à la Cour de comptes le 2 novembre, alors que je viens de le recevoir aujourd'hui même. Il faut respecter les lois du pays, surtout quand on est responsable au plus haut niveau".

Marcelin Bilomba insiste sur le fait que "la Cour de comptes est censée revisiter tous les chiffres et envoyer son rapport au Parquet près la Cour des comptes. Ce n'est qu'après que l'Assemblée nationale, avec les observations venant de la Cour des comptes, peut statuer et donner son avis. Rien de tout cela n'a été fait. Je trouve cela regrettable".

 Faux chiffres

Le ministre des Finances veut "manipuler l'opinion. Ce sont de faux chiffres qui ne veulent rien. Il a pêché par un excédent des contre-vérités. Il devait se rassurer que la direction de reddition de comptes puisse faire le travail avec toutes les institutions de l'État. Ce rapport a été fait à dessin".

Pour lui, "ce qui est important est que, sous réserve de la Cour des comptes, on ne peut pas parler avec certitude des chiffres, parce que les chiffres, il faut les interpréter. Il ne faut pas les rabâcher".

D'ailleurs, il y a "318% de dépassement à la présidence de la République (pas 14000%), 161% de dépassement à la Primature, 129% aux Finances, 124% à l'Assemblé nationale, 442% à l'Urbanisme et Habitat et 736 à l'Environnement et Conservation de la nature", a-t-il justifié.

Auguy Mudiayi 

 
 

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