RDC : le ministre des PT&NTIC devra affronter l’hostilité des Congolais contre la nouvelle taxe sur l’enregistrement des téléphones

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PAR Deskeco - 12 aoû 2020, Dans Actualités

Les Congolais ne cachent pas leur hostilité, du moins sur les réseaux sociaux, envers la nouvelle taxe que le  ministre des Postes, télécommunications et nouvelles technologies de l’information et de la communication (PT&NTIC), Augustin Kibassa Maliba, s’apprête à lancer dès le 24 septembre prochain par la mise en œuvre système C.E.I.R (Registre Central d’Identification des Équipements) qu’on va appeler « RAM » (Registre des Appareils Mobiles) en République Démocratique du Congo.

En effet, l’implémentation de cette technologie impacte directement le coût d’utilisation des téléphones cellulaires en RDC. En effet, tout utilisateur d’un téléphone mobile devra désormais payer, via son opérateur téléphonique, une taxe de 1 USD pour les appareils mobiles 2G ou 7 USD pour les appareils mobiles 3G, 4G et plus, pour leur certification par l’ARPTC (Autorité de régulation de la poste et des télécommunications au Congo) à travers l’enregistrement dans le registre central de la base des données IMEI, donc le RAM.

Ce qui fâche, à la lecture de certains messages des Congolais sur les réseaux sociaux, c’est que le ministre des PT&NTIC pointe aux abonnés absents dans ce qui devrait être les priorités dans son secteur du reste stratégique pour le développement de la République démocratique du Congo.

Les vrais enjeux dans les PT&NTIC aujourd’hui sont dans le déploiement de la fibre optique à travers le pays pour optimiser l’utilisation de la communication (internet et voix), la lutte contre la fracture numérique dans le pays, la modernisation de la poste par la redynamisation de ses activités traditionnelles (courrier, colis, téléphonie et banque) et celles dictées par les avancées technologiques dans le secteur.

« Vraiment ! Mr Kibassa, si le vol de téléphone doit être une priorité, alors vous manquez à faire. Ce pays a besoin de plus que ça ! L'état de notre poste, est-il satisfaisant ? J'en doute ! Améliorez-nous cela, laissez ce registre téléphonique ! », écrit un Congolais son compte Tweeter.

A propos de la fracture numérique, pour une population estimée à plus de 80 millions d’habitants en RDC, il y a juste 38 millions d’abonnés à la téléphonie cellulaire, soit un taux de pénétration de 43,1%, selon le rapport de l’Observatoire du marché de la téléphonie cellulaire, structure de l’ARPTC. Pourtant, l’on sait les avantages qu’apporte une forte pénétration de la téléphonie cellulaire notamment dans les pays africains.

De même, en ce qui concerne la connexion à l’internet, seulement 17,891 millions de Congolais ont un abonnement, soit un taux de pénétration d’environ 20%. Tout aussi, en ce qui concerne le mobile money, il n’y a que 8,145 millions d’utilisateurs actifs, soit un taux de pénétration de 9,2%, à la fin du premier trimestre 2020.

Autant dire qu’il y a encore du chemin à faire pour la RDC aussi bien en ce qui concerne la téléphonie mobile, la connexion internet ou encore l’utilisation de mobile money. Dès lors, ces faits devraient orienter les actions du patron des PT&NTIC en République démocratique du Congo au lieu de s’empresser à créer une nouvelle taxe qui impacte négativement l’accès aux moyens de communication par excellence qu’est la téléphonie cellulaire.

Rappelons que la mise en place du RAM découle de l'arrêté ministériel pris depuis le 10 juin 2020. Cet arrêté est la concrétisation du Décret n°20/005 du premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, du 09 mars 2020, modifiant et complétant le Décret n° 012/15 du 20 février 2012 visant à imposer une taxe allant de 1 à 7$ par an pour assurer l'enregistrement des téléphones mobiles qui sera effectué par l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications. C’est toujours l’ARPTC qui a en charge de la mise en place et la tenue du RAM en RDC.

Amédée Mwarabu

 
 

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