Audit de la convention Sicomines : « Cette démarche permettra de déterminer si ce contrat est équitable (...) » (porte-parole du CNPAV)

jean claude mputu
PAR Deskeco - 10 mar 2026 16:58, Dans Actualités

La coalition « Le Congo n’est pas à vendre » (CNPAV) salue l’annonce faite par l’Agence de pilotage, de coordination et de suivi des conventions de collaboration (APCSC), concernant le lancement d’un audit technique et financier approfondi de la convention sino-congolaise Sicomines, ainsi que la certification intégrale des ressources minières allouées à ce projet. Une démarche que la plateforme de la société civile dit avoir toujours recommandée dans le souci de transparence et de redevabilité.

Interrogé mardi par Deskeco, le porte-parole du CNPAV, Jean-Claude Mputu, a réaffirmé l’exigence d’un audit général pour évaluer l’équilibre du partenariat entre la RDC et les partenaires chinois. Selon lui, cet audit devra notamment établir la quantité de minerais produits, les revenus générés, le niveau réel des investissements réalisés ainsi que la valeur et la qualité des infrastructures construites en contrepartie des ressources minières.

« Nous voulons savoir ce que les partenaires chinois ont effectivement produit comme minerais, combien cela a rapporté, quel est l’investissement réel qu’ils ont apporté au Congo et quelle est la valeur des infrastructures réalisées en contrepartie des minerais. Cette démarche permettra de déterminer si ce contrat est équitable ou s’il est, comme beaucoup le pensent, défavorable au peuple congolais », a expliqué Jean-Claude Mputu.

Le CNPAV insiste par ailleurs sur la nécessité de rendre publiques les différentes clauses du contrat. Pour la coalition, la transparence autour de cet accord constitue une condition essentielle pour restaurer la confiance de la population.

La plateforme de la société civile souhaite également que l’ensemble du processus d’audit soit conduit de manière ouverte et que les conclusions soient rendues publiques afin de permettre aux Congolais de comprendre les responsabilités de chaque partie impliquée dans ce partenariat. En outre, elle estime que si des faits de détournement ou de mauvaise gestion venaient à être établis, les responsables devraient répondre de leurs actes devant l’État et le peuple congolais.

« Nous sommes prêts à collaborer avec l’agence pour que la transparence soit faite et que la redevabilité devienne un principe réel dans notre pays », a souligné le porte-parole de la coalition.

Pour Jean-Claude Mputu, un audit mené de manière transparente et crédible pourrait constituer un signal fort de la volonté des autorités publiques de travailler dans l’intérêt de la population.

 « Si cet audit est conduit avec sérieux et que les résultats sont rendus publics, la population verra que les pouvoirs publics sont prêts à agir pour son bien-être et à l’informer. Ce sera un premier pas dans la bonne direction », a-t-il conclu.

Dans son communiqué publié le lundi 9 mars, le CNPAV a souligné que cet audit devra impérativement s’appuyer sur des standards internationaux reconnus en matière de transparence dans la gouvernance des ressources naturelles, notamment ceux promus par l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE).

Divine Mbala

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