Créance de 555,364 millions USD due à Exim Bank of China: les responsables doivent rendre des comptes (Claudel Lubaya)

Claudel Lubaya
PAR Deskeco - 01 juin 2020, Dans Actualités

La semaine dernière, le Ministre des transports a annoncé que 90% de revenus du GO-PASS serviront à financer le remboursement de la créance due à EXIM-Bank of China, de l’ordre de 354.233.241 USD pour la construction de la nouvelle aérogare de l’aéroport de Kinshasa/Ndjili et 201.131.205 USD pour celle de l’aéroport de Lubumbashi/Loano; soit 555.364.446 USD. A l’inverse, plus près de nous, le Congo-Brazzaville n’a dépensé que 170 millions USD pour se construire une aérogare à deux modules, équipée de sept passerelles télescopiques en plus d’une piste capable d’accueillir des avions de types B-747 et A-380. 

En dépit d’une créance aussi excessive qu’onéreuse, les travaux de plus en plus hypothétiques de la nouvelle aérogare de Ndjili se sont limité, deux ans après, à la production de la maquette et à la diffusion des images de la cérémonie de pose de la première pierre et sans plus, depuis le 02 mai 2018, alors qu’ils auraient déjà englouti, d’après le ministre précité, 20 millions de dollars américains ! 

Une telle gabegie financière est inexplicable au moment où le gouvernement peine à mobiliser les ressources nécessaires aux obligations fonctionnelles de l’État et recourt désespérément aux institutions de Bretton Woods pour obtenir un maigre prêt conditionnel de 360 millions USD ! 

Les révélations du Ministre des transports sont tellement graves qu’elles imposent une enquête urgente, impartiale et transparente, par une institution indépendante, afin de faire toute la lumière et établir les responsabilités sur l’utilisation des sommes perçues auprès d’Exim Bank. Les personnes impliquées doivent être poursuivies en justice et en attendant les conclusions de l’enquête, des mesures conservatoires doivent être prises à leur encontre.

Il est injuste que les dirigeants imposent des sacrifices au peuple en l’obligeant de s’appauvrir davantage pour rembourser des créances dont les sommes générées par celles-ci n’ont jamais servi à la construction de l’aérogare mais ont, bien au contraire, pris une destination inconnue.  

J’invite le Président de la République, Chef de l’État, à se saisir de ce dossier pour rétablir la Nation dans ses droits spoliés et l’engager ainsi sur la voie du progrès et de la justice sociale.     

 ​​​​​​André Claudel Lubaya,

Député élu des circonscriptions de Kananga

 
 

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