RDC : l’attentisme coupable du gouvernement à isoler Kinshasa des autres provinces pour arrêter la propagation du coronavirus

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PAR Deskeco - 23 mar 2020, Dans Actualités

Rien n’explique que le gouvernement ne puisse pas prendre depuis quelques jours la décision d’isoler Kinshasa des autres provinces de la République démocratique du Congo pour éviter la propagation du coronavirus. Le gouvernement semble aux abonnés absents dans cette crise sanitaire.

En moins de deux semaines, la capitale Kinshasa enregistre une trentaine de cas confirmés au coronavirus dont deux décès déjà. Alors que le premier cas a été déclaré le 10 mars, l’Exécutif national a attendu 8 jours pour prendre les 13 mesures, soit le mercredi 18 mars, pendant que la capitale a enregistré le 11ème cas.

Il a donc fallu 11 cas confirmés et plus d’un millier des cas à suivre pour que le gouvernement suspendent les vols en provenance des pays à risque, pendant que d’autres pays africains, notamment le Tchad, ont pris des restrictions avant même de connaitre le premier cas contaminé.

Et depuis que le président de la République a communiqué ces mesures, aucune autre restriction n’a été envisagée pour isoler notamment la vielle de Kinshasa des autres provinces du pays. Pendant ce temps, on en est à une trentaine de cas contaminés et sans doute plusieurs milliers d’autres à suivre dans la seule ville de Kinshasa. Et que deux cas sont signalés à Lubumbashi dans la province du Haut-Katanga.

Ainsi, se multiplient des appels pour qu’on isole Kinshasa du reste du pays. Dans une déclaration commune faite ce lundi 23 mars, les députés nationaux Claudel Lubaya, Patrick Muyaya, Juvénal Munubo et la sénatrice Francine Muyumba, jugent « grave » le moment que traverse actuellement la RDC face à la contamination au coronavirus.

Selon eux, pour limiter la chaine de contagion et rendre efficiente la riposte, les aux autorités doivent notamment : « proclamer l’état d’urgence sanitaire sur l’ensemble du territoire national ; suspendre les trafics aérien, lacustre, fluvial et terrestre ainsi que tous les mouvements des personnes vers l’intérieur du pays et mettre en place un dispositif de filtrage entre Kinshasa - Bandundu et Kinshasa - Kongo Central et ne retenir que les trafics de marchandises indispensables sous réserve de contrôles sanitaires par les autorités compétentes ; placer Kinshasa, la capitale nationale, en quarantaine et l’isoler du reste du pays ; rendre effective et opérationnelle la riposte et mettre à sa disposition des ressources humaines, matérielles, logistiques et financières conséquentes ; réquisitionner les vivres non périssables pour en assurer la régulation à fin d’éviter la pénurie et la montée des prix au regard du maigre pouvoir d’achat de nos populations ; réquisitionner les médias tant publics que privés et les utiliser à des fins de sensibilisation aux consignes sanitaires et au respect des mesures édictées ; envisager le confinement progressif des populations et ouvrir des couloirs humanitaires et de sécurité pour faire face aux besoins spécifiques de gestion de la pandémie ».

Ces appels sont lancés depuis le week-end par d’autres personnalités mais sans auncune réaction du gouvernement.

" La situation est prise avec beaucoup trop de légèreté. Des millions risquent de trépasser si nous ne prenons pas d'avance sur ce virus. Le pays n'a aucune capacité sanitaire pour faire face à cette pandémie. Il y va de la responsabilité de l'État de déclarer l'état d'urgence sur une partie du pays en commençant par placer Kinshasa en quarantaine" a déclaré le dimanche 22 mars Ados Ndombasi, député national élu de Kinshasa à ACTUALITE.CD.

De son côté Delly Sessanga, député national, a appelé le chef de l'État Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo à déclarer « l'État d'urgence » et la  suspension de toutes les activités des assemblées provinciales dont la date légale de la rentrée parlementaire est fixée au 30 mars prochain.

"Les mesures restrictives de liberté d’aller et venir, de circulation et de réunion ainsi que les confinements éventuels doivent être renforcés pour s’adapter à la situation de la promiscuité de notre habitat en milieu urbain et de l’excessive précarité des conditions d’hygiène en milieu rural, tout en allouant des ressources nécessaires au système de santé pour une riposte performante", a-t-il fait savoir au micro de ACTUALITE.CD.

Alors que des cas au coronavirus se signalent en province, le président de la République et le gouvernement Ilunkamba sont vivement interpellés pour prendre des mesures qui s’imposent au lieu de ne faire cas la comptabilité macabre des décès et des contaminés au coronavirus.

Amédée Mwarabu

 
 

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