RDC :Vers la mise en place d'une plate-forme interreligieuse pour la préservation des forêts du Bassin du Congo

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PAR Deskeco - 04 déc 2019, Dans Actualités

Au nom du Président de la République Félix Tshisekedi, le ministre de l’Environnement et Développement durable, Me Claude Nyamugabo, a lancé le mardi 03 décembre 2019 à Kinshasa, les travaux d’un atelier de lancement de l’Initiative interreligieuse pour les forêts tropicales/Bassin du Congo en République démocratique du Congo (IRI-Rdc).

Ces assises visent à développer les capacités des leaders religieux et d’autres parties prenantes, pour la mise en place d’un dispositif de lutte contre la déforestation tropicale sur fond d’éthiques et prescrits divins.

Dans son discours, le ministre a affirmé que depuis 2002 la Rdc s’est engagée dans un processus de gestion durable de ses ressources forestières, de façon à garantir le renouvellement du potentiel productif, en luttant contre les principales causes de la déforestation et de la dégradation des forêts. Parmi ces causes, a-t-il précisé, on mentionne l’agriculture itinérante sur brulis, le bois-énergie et l’exploitation du bois d’œuvre industrielle et artisanale.

Il a aussi déclaré que dans les 20 prochaines années, les forêts congolaises subiront des sérieuses pressions humaines, conséquence de la croissance démographique annoncée. « Les actions doivent-être menées ensemble pour améliorer les conditions de vie des populations riveraines et pour promouvoir la conservation des écosystèmes forestiers et la biodiversité qu’ils abritent », a-t-il préconisé.

Pour le ministre Claude Nyamugabo, désormais en Rdc, conservation de la forêt devra rimer avec lutte contre la pauvreté. Voilà pourquoi il soutient que l’Initiative interreligieuse pour la protection des forêts tropicales humides intervient à point nommé en République démocratique du Congo. 

Car, a-t-il souligné, c’est réellement un mécanisme visant à responsabiliser les dirigeants religieux et les communautés, à partager les connaissances et les preuves scientifiques, et à encourager les investissements dans les communautés pour la préservation et la protection des forêts tropicales.

Aux participants à cet atelier Me Nyamugabo a rassuré que « Le Ministère de l’Environnement et Développement durable, qui a en charge les forêts de la République démocratique du Congo, vous offre d’ores et déjà son entière collaboration pour l’aboutissement heureux de votre feuille de route en République démocratique du Congo. Et cela, conformément à notre engagement de travailler étroitement avec tous les acteurs clés susceptibles de contribuer à la préservation de la gestion durable de notre patrimoine forestier. Telle est également la volonté du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui entend faire de la question environnementale, une préoccupation omniprésente et transversale qui touche toutes nos politiques, qui touchera toutes nos stratégies ; qui touchera tous nos programmes et tous nos projets de développement ».

Il les a ensuite exhorté à prendre des mesures concrètes collectives pour protéger, restaurer les forêts et les gérer durablement pour l’intérêt de tous. « Les forêts tropicales abritent la plus grande diversité de vie sur terre… Elles sont un don irremplaçable de la nature. Elles constituent également un système planétaire indispensable à la vie, en fournissant des aliments, des abris, des moyens de substance, des médicaments, de l’eau potable, à des milliards de personnes », a-t-il dit. 

Et d’ajouter : « Les enjeux de la protection des forêts tropicales nous motivent tous pour aller de l’avant, au-delà de nos limites actuelles de nos actions respectives. Si l’on détruit l’Amazonie et le bassin du Congo, c’est l’humanité toute entière qui est détruite… Il apparait donc urgent de sensibiliser les différentes confessions religieuses en vue d’une action commune au bénéfice de la protection des forêts tropicales, et spécialement la forêt et les tourbières de la Rdc ». 

Enfin, il salue la mise sur pied d’un conseil consultatif national à la fin de cet atelier, en vue de conduire et d’implémenter les activités de votre association dans les années à venir. Ce conseil consultatif, a-t-il ajouté, devra stimuler une coopération durable et mettre un terme à la déforestation, « protéger notre biodiversité et faire en sorte que les forêts soient toujours là pour parer aux besoins des populations locales et atténuer les changements climatiques ».     

Des partenaires invités à accompagner l’IRI-Rdc

A savoir, IRI-Rdc est une alliance multiconfessionnelle qui a été lancée en 2017 et œuvre pour apporter une urgence morale et un leadership religieux aux efforts en cours visant à protéger les forêts tropicales et ceux qui en sont les gardiens. Et cela, pour éviter les effets dévastateurs des changements climatiques.

Et le ministre Nyamugabo a auparavant remercié l’ONU-Environnement et la Norvège pour l’accompagnement et l’appui à l’initiative dans cette phase cruciale de lancement en République démocratique du Congo, et il a invité les autres partenaires à les rejoindre. « Le choix de la Rdc à côté d’autres pays forestiers comme le Brésil, la Colombie, le Pérou et l’Indonésie, dans le lancement de l’initiative n’est pas anodin. En effet, la Rdc a un couvert forestier de plus de 155 millions d’hectares, soit plus de 62 % de celui du Bassin du Congo », a-t-il expliqué. 

Il a aussi démontré que les forêts congolaises jouent un rôle important dans la régulation du régime hydrique de l’un des plus grands bassins d’implants du monde, et du climat par la capture d’une quantité considérable de CO2 émis. « C’est donc à juste titre qu’elles sont considérées comme deuxième poumon écologique de la planète après l’Amazonie », a indiqué le ministre.

Toujours selon les informations fournies par Claude Nyamugabo à l’ouverture de cet atelier, la Rdc abrite également une zone importante de tourbières, qui constituent l’un des écosystèmes les plus riches en carbone de la planète. Elles constituent un précieux tampon contre les changements climatiques. « Elles contribuent également à garder notre biodiversité et à garder nos poissons et nos plantes », a-t-il confirmé.

Lepetit Baende

 

 

 
 

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