RDC : CMOC remet en question les conclusions d’une enquête sur la teneur en uranium du cobalt de Tenke Fungurume et dit ne connaître la source des données historiques citées

Transports minerais
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PAR Deskeco - 01 aoû 2026 10:46, Dans Mines

 

Le groupe minier chinois CMOC conteste les conclusions d’une enquête menée par le Financial Times et Lighthouse Reports sur la teneur en uranium du cobalt produit par sa filiale Tenke Fungurume Mining (TFM), en République démocratique du Congo. L’enquête affirme que le cobalt issu de ce site minier aurait, à plusieurs reprises entre 2016 et 2020, dépassé les seuils légaux en matière d’uranium.

Dans une réponse publiée par Lighthouse Reports, CMOC remet en cause la méthodologie et les références utilisées pour apprécier la conformité du cobalt produit à Tenke Fungurume. Le groupe assure que l’ensemble de l’hydroxyde de cobalt actuellement commercialisé par TFM respecte les exigences réglementaires locales ainsi que les normes d’approvisionnement de ses clients internationaux.

CMOC affirme qu’aucun produit commercialisé par sa filiale n’a présenté un niveau d’uranium supérieur aux limites applicables. L’entreprise indique également n’avoir jamais été confrontée à une retenue en douane, à un rejet de marchandise par un client ou à une réclamation concernant la teneur en uranium de son cobalt.

Le groupe chinois explique avoir instauré un système de contrôle de qualité et de tests radiologiques couvrant l’ensemble de la chaîne de production. Selon CMOC, ces procédures permettent de surveiller la qualité des produits et d'assurer la traçabilité des résultats obtenus au cours du processus industriel.

L'entreprise dit cependant ne pas connaître l'origine des données historiques citées par les auteurs de l'enquête concernant de prétendus niveaux élevés d'uranium dans du cobalt humide. Elle estime donc ne pas être en mesure d'en vérifier la fiabilité.

CMOC insiste par ailleurs sur la distinction entre les analyses réalisées au cours du processus de production et les caractéristiques du produit final livré aux clients. Le groupe précise que l'hydroxyde de cobalt commercialisé par TFM est séché et estime que les résultats issus de différentes étapes de production ne peuvent pas être directement assimilés à ceux du produit final.

Le groupe minier remet également en question l'utilisation du seuil de 75 parties par million (ppm) comme référence unique pour déterminer la conformité du cobalt. Selon lui, plusieurs normes existent dans l'industrie, avec notamment des seuils de 81 ppm et 100 ppm. La conformité devrait ainsi être évaluée en tenant compte des réglementations douanières des pays importateurs et des exigences spécifiques des clients.

CMOC affirme toutefois que la teneur en uranium du cobalt peut être davantage réduite grâce à un contrôle plus précis de certains paramètres du processus de production. L'entreprise cite notamment le niveau de pH lors de la précipitation du cobalt ainsi que l'utilisation d'un oxyde de magnésium réactif de meilleure qualité.

Le groupe assure enfin que ni CMOC ni ses filiales ne procèdent à des opérations de séparation ou d'extraction d'uranium en RDC ou en Chine.

Ces déclarations interviennent après la publication d'une enquête du Financial Times et de Lighthouse Reports selon laquelle des documents internes feraient état de plusieurs dépassements des seuils légaux congolais dans le cobalt produit à Tenke Fungurume entre 2016 et 2020. L'enquête affirme également que les exportations congolaises de cobalt pourraient contenir des quantités d'uranium plus importantes qu'estimé jusqu'ici, en raison de la présence naturelle de ce minerai dans la ceinture cuprifère du sud de la RDC.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a, pour sa part, indiqué ne disposer d'aucun élément démontrant que la RDC aurait manqué à ses obligations en matière de garanties concernant les exportations de minerai de cobalt contenant de l'uranium.

Le débat reste ainsi ouvert entre les conclusions de l'enquête et les explications de CMOC, qui défend la conformité de ses produits et remet en question les seuils et les méthodes d'analyse utilisés pour évaluer la présence d'uranium dans le cobalt produit à Tenke Fungurume.

Jean-Baptiste Leni

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