L’Alerte Congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) alerte sur ce qu’elle qualifie de « poursuites stratégiques » visant des défenseurs de l’environnement, des leaders autochtones et des acteurs de la société civile dans la province de la Mongala.
Dans une correspondance datée du 15 juillet 2026 et adressée au Procureur général, l’organisation affirme que plusieurs militants seraient poursuivis à la suite de dénonciations liées aux activités de la société d’exploitation forestière Booming Green. Selon l’ACEDH, ces poursuites auraient pour objectif de réduire au silence les défenseurs des droits des communautés locales et de l’environnement.
L’ONG cite notamment le placement sous mandat d’arrêt provisoire de sept personnes, parmi lesquelles le chef de groupement Camille Ndoko et plusieurs responsables de la société civile, poursuivies notamment pour rébellion et détournement de deniers publics. Elle estime que ces accusations sont infondées et dénonce une instrumentalisation de la justice.
L’ACEDH évoque également une présumée immixtion des autorités provinciales dans cette affaire, accusant le ministre provincial de l’Intérieur d’avoir orchestré l’arrestation et le transfert des activistes vers Lisala. L’organisation considère que ces actes portent atteinte aux libertés d’expression, d’association, au droit de pétition ainsi qu’au droit à un environnement sain, garantis par la Constitution et par la loi de 2023 sur la protection des défenseurs des droits de l’homme.
Face à cette situation, l’ACEDH demande la libération immédiate des sept détenus, l’abandon des poursuites qu’elle juge arbitraires et l’ouverture d’enquêtes sur les conditions de leur détention. Elle appelle également le Conseil supérieur de la magistrature, le ministère de la Justice, le ministère des Droits humains, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) et les organisations de la société civile à intervenir afin de garantir le respect des droits fondamentaux et d’assurer un procès équitable.
À ce stade, les autorités judiciaires et les responsables mis en cause n’ont pas encore réagi publiquement aux accusations formulées par l’ACEDH.
Divine Mbala