La Société minière de Kilo-Moto (SOKIMO) a réuni la semaine dernière, à Kinshasa, les responsables des coopératives minières locales ainsi que plusieurs acteurs du secteur pour une série de séances de travail consacrées à l’avenir de l’exploitation minière dans ses périmètres en Ituri. Ces échanges interviennent à la suite de la mission effectuée récemment par la Direction générale de la SOKIMO en Ituri. Cette descente sur le terrain avait permis de mettre en évidence plusieurs difficultés récurrentes dans le fonctionnement de certaines coopératives minières locales, notamment en matière de respect des engagements, d’organisation et de gouvernance.
Face à ces constats, la direction de l’entreprise publique avait décidé de suspendre temporairement les activités des coopératives et partenaires concernés afin de créer les conditions d’un examen approfondi de la situation et d’ouvrir la voie à de nouvelles bases de collaboration.
Conduites par le directeur général de la SOKIMO, Yannick Nzonde, les assises de Kinshasa ont permis d’aborder sans détour les défis auxquels le secteur est confronté. Les participants ont passé en revue les mécanismes de coopération existants et identifié les ajustements nécessaires pour améliorer les relations entre les différentes parties.
« C’était dans le cadre de finalisation des états de lieux, nous étions allés en Ituri, à Bunia plus précisément. En arrivant là-bas, nous avons fait des constats vraiment très désastreux. Il y a beaucoup de bavures sur les sites d’exploitation de la Sokimo. C’est dans ce cadre que la direction générale a décidé de suspendre tous les travaux sur les sites de la Sokimo. Nous devons d’abord faire l’état de lieu pour savoir ce qui se passe et ensemble amener des reformes et solutions pour mieux travailler dans le futur », a déclaré Yannick Nzonde, directeur général de cette société publique.
Au terme des travaux, une même volonté s’est dégagée : promouvoir de meilleures pratiques, renforcer la confiance mutuelle et construire un partenariat profitable à l’ensemble des acteurs impliqués. Pour la SOKIMO, cette démarche marque l’ouverture d’un nouveau chapitre dans la gestion de ses périmètres miniers. L’entreprise entend ainsi consolider les principes de transparence, de responsabilité et d’efficacité dans les activités d’exploitation artisanale.
À travers cette initiative, la société minière affirme sa détermination à renforcer la gouvernance du secteur et à favoriser une exploitation des ressources minières davantage bénéfique aux communautés locales et à l’économie nationale.
Cette orientation s’inscrit dans la ligne des efforts engagés par les autorités congolaises pour lutter contre la fraude minière et l’exploitation illicite des minerais. La suspension momentanée des activités de certaines coopératives et partenaires opérant dans les périmètres de la SOKIMO avait d’ailleurs été présentée comme une mesure visant à assainir le secteur et à garantir une meilleure valorisation des richesses minières du pays au profit de la nation.
Jean-Baptiste Leni