Dans un communiqué publié ce jeudi 2 avril , l’organisation Resource Matters a salué la réaction des autorités congolaises après la publication d’un rapport de l’Environmental Investigation Agency (EIA) mettant en cause les activités de Tenke Fungurume Mining (TFM) dans des cas présumés de pollution de l’air affectant les communautés locales.
Selon ce rapport relayé par plusieurs médias internationaux, des habitants vivant à proximité du site minier feraient face à des problèmes de santé préoccupants, notamment des troubles respiratoires, des saignements de nez et, dans certains cas, des vomissements de sang. Ces symptômes seraient liés à une exposition prolongée à un air potentiellement contaminé.
Face à ces allégations, le ministre des Mines a convoqué, le 18 mars 2026, les responsables de TFM afin qu’ils fournissent des explications techniques sur la gestion des impacts environnementaux de leurs activités. Une enquête conjointe a également été annoncée pour établir les faits de manière objective.
Pour Resource Matters, cette démarche constitue « une réaction rapide et appropriée » de la part du gouvernement, traduisant une volonté de prendre en compte les préoccupations environnementales et sanitaires des populations riveraines.
L’organisation appelle toutefois les autorités à aller plus loin en veillant à faire toute la lumière sur les faits dénoncés. Elle insiste sur la nécessité d’établir les responsabilités en cas de confirmation des accusations et d’appliquer des sanctions conformément aux dispositions du Code minier et du Règlement minier en vigueur en RDC.
Par ailleurs, Resource Matters exhorte le gouvernement à garantir le strict respect des obligations environnementales par TFM, notamment en ce qui concerne les activités de l’usine de traitement dite « 30K ». Elle souligne également l’importance de la transparence dans la conduite des enquêtes, recommandant la publication des résultats ainsi que des mesures qui en découleront afin de restaurer la confiance des communautés affectées.
L’organisation plaide en outre pour un renforcement des capacités des services techniques de l’État, afin de leur permettre d’assurer efficacement leurs missions de contrôle et de régulation du secteur minier.
Au-delà du cas de TFM, Resource Matters recommande la réalisation d’un audit environnemental global des sites miniers en RDC, en particulier dans les zones urbaines comme Kolwezi, où les impacts sur les populations sont jugés particulièrement sensibles.
Enfin, elle appelle à étendre cette dynamique à l’ensemble du secteur minier national, dans le but de prévenir les risques, améliorer la gouvernance environnementale et garantir une meilleure protection des communautés, dans une perspective de développement durable.
Divine Mbala