L'ONG Afrewatch appelle les institutions financières à s'assurer du respect effectif des standards environnementaux et sociaux dans les financements et investissements des projets liés au Corridor de Lobito.
Cette recommandation est faite à la lumière de l'étude menée entre 2000 et 2024 intitulée "Minerais stratégiques et forêts du Miombo en République démocratique du Congo. Le Corridor de Lobito face au test de crédibilité de la transition. Note de plaidoyer mars 2026".
Le rapport montre les ambitions du projet Corridor de Lobito que sont l'intensification de l'extraction minière pour encourager la venue de nouveaux investisseurs et la création d'infrastructures connexes (routes, centrales électriques, zones industrielles…) pour accompagner le développement ferroviaire, et les conséquences inévitables sur les forêts de Miombo.
Afrewatch annonce que dans cet ordre d'idées, ce projet va également accentuer la pression démographique déjà forte sur cette zone, augmentant la pression sur les ressources forestières (agriculture, charbon de bois).
Dans cette tension entre ambitions géopolitiques, discours de durabilité et impacts environnementaux réels, Afrewatch attend aussi du secteur privé de respecter et appliquer le cadre législatif congolais ainsi que les lignes directrices de l’OCDE sur l’exploitation minière.
L'ONG, qui n'a pas oublié les organisations de la société civile, leur recommande de : renforcer la vigilance et l’observation indépendante des impacts directs et indirects du secteur minier sur les forêts de miombo et les communautés locales pour garantir la protection et restauration réelles des forêts de miombo et des bénéfices de la politique extractive pour les populations ; accompagner les communautés locales vivant dans l’arc cuprifère à sécuriser leurs droits à travers la gestion communautaire des forêts de miombo ; soutenir les communautés locales dans leur adaptation aux effets du changement climatique et protéger les forêts de miombo ; renforcer les capacités des communautés locales à pratiquer une agriculture durable et zéro déforestation.
« L’Union européenne doit mettre en œuvre une politique ambitieuse de mobilité durable visant à réduire la dépendance à la voiture individuelle, à renforcer les transports publics et partagés, à diminuer la taille des véhicules et des batteries, et à développer les infrastructures pour les mobilités actives », a-t-on lu.
La note d'Afrewatch poursuit que la pression sur les ressources doit également être réduite par un investissement accru dans le recyclage et la promotion de technologies de batteries à moindre impact. En parallèle, une stratégie européenne de transition numérique « zéro déforestation » doit intégrer sobriété énergétique des centres de données, recyclage des équipements et éco-conception des services numériques. Ces orientations doivent s'accompagner d'une mise en œuvre stricte de la directive européenne sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité, du règlement européen sur les batteries et sur l’intégration d’objectifs « zéro déforestation » dans les partenariats stratégiques de l’UE, notamment avec la RDC, dans le Corridor de Lobito et dans les projets structurants en Afrique australe, ainsi que sur un alignement renforcé des exigences ESG et anticorruption avec les États-Unis d’ici 2026 ; réduire la consommation de minerais critiques de manière globale est indispensable pour limiter les impacts environnementaux et forestiers de la transition énergétique et numérique.
Bienvenu Ipan