RDC : depuis la période de l’appréciation du franc congolais, le niveau de réserve a augmenté de 300 millions USD, révèle le gouverneur de la Bcc

Franc Congolais
Franc Congolais
PAR Deskeco - 13 jan 2026 11:42, Dans Finances

Lors d’une conférence de presse tenue à l’issue de la réunion du Comité de politique monétaire, le 8 janvier dernier, le gouverneur de la Banque centrale du Congo, André Wameso, a révélé que le niveau des réserves internationales de l’institution monétaire s’est accru depuis le début de la période d’appréciation du franc congolais, la monnaie nationale.

Selon le gouverneur, les avoirs en devises étrangères ont enregistré une hausse de 300 millions de dollars américains. Déjà en octobre 2025, André Wameso précisait que ces réserves atteignaient environ 7,4 milliards USD, un niveau correspondant à une couverture d’environ trois mois d’importations de biens et services. Un seuil jugé stratégique et suivi de près par les institutions financières internationales, notamment celles issues du système de Bretton Woods.

« Est-ce que le niveau de réserve a baissé avec l’appréciation ? non ! Il y a eu appréciation du franc congolais et le niveau de réserve de change a augmenté. En net, les réservés se sont accrus de 300 millions de USD depuis la période de l’appréciation de la monnaie. Donc, nous avons encore plus de possibilité de pouvoir répondre à une demande excessive de la devise étrangère », a-t-il déclaré.

Comment l’appréciation de franc congolais peut-il augmenter le niveau de réserve ? 

C’est-à-dire la hausse de la valeur de franc congolais face au dollar américain réduit significativement la demande de dollar sur le marché local. Cette moindre pression pousse la BCC à intervenir moins fréquemment, notamment en limitant la vente de ses avoirs en devises. 

Ce mécanisme permet non seulement de préserver les réserves de change existantes, mais également de les renforcer grâce aux entrées issues des recettes d’exportation. Il peut s’agir de recettes issues de produits miniers (cobalt, cuivre, or…) ou agricoles (café, cacao…) Ainsi, la combinaison d’une monnaie locale plus forte et d’une gestion prudente peut permettre à la Banque Centrale de porter le niveau de ses réserves à environ 300 millions USD. 

Mais est-ce vrai ? 

Cette perspective demeure envisageable dans la mesure où les produits miniers stratégiques du pays, notamment le cobalt, dont la RDC est le premier producteur avec plus de 70 % des réserves mondiales, ont enregistré une nette hausse de leurs cours depuis novembre 2025. 

Début janvier 2026, la tonne de cobalt se négocie à plus de 52 000 USD. Cette évolution peut possiblement avoir un impact positif sur le niveau des réserves, y compris les recettes issues d’autres substances minières telles que le cuivre et l’or, d’autant plus que sur le marché local, il n’y pas une forte demande en devise. 

Cette réserve permet à la Bcc de contrôler le marché et maintenir le niveau d’appréciation de la devise locale. De ce fait, plusieurs injections en dollars ont été effectuées par l’institution monétaire. En août 2025, elle a d’abord injecté 50 millions USD, ce qui a fait apprécier le franc congolais d’une manière rapide et brusque. 

Ensuite, deux autres opérations ont eu lieu les 8 et 12 janvier 2026, comme annoncé dans un communiqué, en vue de contenir la pression habituelle sur la monnaie locale, observée à la sortie des périodes de festivités marquées par une forte demande de devises.

Toutefois, en dépit de ces injections, des inquiétudes persistent quant à un éventuel risque de perte de recettes pour l’État. En effet, les revenus publics, notamment ceux issus de la fiscalité, sont généralement libellés en dollars américains avant d’être acquittés en francs congolais. Dans un récent communiqué, le ministère des Finances l’a d’ailleurs confirmé en réaction à une note de la Banque centrale du Congo. 

Jean-Baptiste Leni   

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