RDC : dans un contexte de pression budgétaire, le ministère du Budget annonce le lancement de la révision de procédures de la paie des agents et fonctionnaires

franc congolais
PAR Deskeco - 22 fév 2026 09:19, Dans Finances

Le ministère du Budget a officiellement lancé, vendredi 20 février 2026, les travaux de révision du manuel de procédures de la paie des agents et fonctionnaires de l’État, une initiative qui s’inscrit dans un contexte de fortes tensions budgétaires liées à l’augmentation de la masse salariale publique. L’annonce, faite le 22 février, intervient alors que la question de masse salariale est désormais identifiée comme l’un des principaux facteurs de vulnérabilité des finances publiques par le Fonds monétaire international, qui en fait un enjeu central de soutenabilité budgétaire pour la République démocratique du Congo.

Lors du 79 Conseil des ministres ce vendredi, le président Félix Tshisekedi a recommandé, de ce fait, un audit sur l’état liquidatif de la paie et mis en garde contre les effets d’une expansion mal maîtrisée des effectifs publics. 

Selon lui, la continuité des opérations financières de l’État dépend désormais de la capacité du gouvernement à contenir les pressions croissantes exercées sur la trésorerie par l’augmentation des rémunérations, notamment lorsque les recrutements interviennent sans mécanismes suffisants de vérification et de contrôle.

Cette lecture nationale rejoint largement celle du FMI. Dans sa deuxième revue du programme au titre de la Facilité élargie de crédit, l’institution financière internationale décrit la progression de la masse salariale comme un risque budgétaire majeur à court et moyen terme. Elle souligne que les ajustements salariaux dans les secteurs sociaux, les recrutements et les régularisations administratives ont contribué à faire dépasser les niveaux de dépenses initialement programmés, accentuant les tensions sur les dépenses courantes. 

La masse salariale absorbe ainsi une part croissante des ressources publiques, limitant la capacité de l’État à financer d’autres priorités, notamment l’investissement et certaines dépenses sociales protégées. Pour les partenaires financiers comme pour l’exécutif congolais, la question ne relève plus seulement d’un ajustement ponctuel mais d’un impératif de réforme du système de gestion de la paie et, plus largement, de la gouvernance des finances publiques.

C’est dans cette perspective que la révision du manuel de procédures apparaît indispensable. Placée sous la coordination de la première ministre Judith Suminwa et impulsée par le ministère du Budget, la réforme vise à moderniser l’architecture administrative et technologique de la gestion salariale. 

À travers la Direction du Suivi De L’exploitation Des Opérations De Rémunération, le gouvernement entend actualiser les règles encadrant la paie publique afin de tenir compte des transformations intervenues depuis 2011, notamment la transition vers un système centralisé de gestion des rémunérations.

Lors du lancement des travaux, le directeur de cabinet Blanchard Mongomba a rappelé que la gestion de la paie publique constitue un enjeu de souveraineté, dans la mesure où elle conditionne à la fois la stabilité financière de l’État et sa crédibilité vis-à-vis de ses partenaires. Le FMI appelle explicitement à une politique salariale cohérente, à un meilleur contrôle des effectifs et à l’intégration de ces mesures dans une réforme plus globale de la gestion des finances publiques, sans préciser les instruments opérationnels à privilégier. 

Jean-Baptiste Leni

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