Corruption en RDC : "le non-respect de l'indépendance du pouvoir judiciaire et l'inapplicabilité des lois anti-corruption empêchent la justice de lutter contre l'impunité de ce fléau" (LICOCO)

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Photo d'illustration
PAR Deskeco - 04 fév 2023 09:10, Dans Actualités

Dans son dernier rapport, la Ligue congolaise de lutte contre la corruption (LICOCO) lance un appel national pour que les autorités politiques, administratives et judiciaires puissent donner priorité à la lutte contre la corruption car "l'avenir du pays en dépend".

La LICOCO évoque le classement de Transparency International, publié le 31 Janvier 2023, sur l'indice de perception de la corruption pour l'année 2022, un rapport selon lequel la corruption reste à la base des multiples crises dans le monde et affecte la sécurité de plusieurs nations.

Au niveau mondial, le score moyen est de 55%. La corruption demeure toujours un terrain propice aux violations des droits humains et l'affaiblissement de la démocratie.

Au niveau régional, l'Afrique-subsaharienne obtient un scare de 32% avec une régression de 1% par rapport à l'année 2021. "Cela démontre que les dirigeants africains ne fournissent pas beaucoup d'efforts pour éradiquer ce fléau qui met la région en difficulté et freine son développement", déplore la LICOCO.

Selon ce rapport, la République Démocratique du Congo figure parmi le 5 pays les moins pacifiques au monde et l'IPC la place également parmi les 20 derniers pays les plus corrompus au monde avec un score de 20%.

Pour cette organisation de la société civile, les différentes structures de lutte contre la corruption mises en place en RDC n'ont pas favorisé une amélioration significative dans la lutte contre la corruption. 

"Depuis l'arrivée du Président Tshisekedi au pouvoir, il a montré son engagement politique de lutter contre la corruption et d'atteindre des niveaux plus élevés d'intégrité, de transparence et de redevabilité notamment par la création de la Coordination pour le Changement de Mentalité (CCM), l'Agence de Prévention et de Lutte contre la Corruption (APLC), le renforcement de l'Inspection Générale des Finances (IGF) et la réhabilitation de la Cour des Comptes; malgré ces efforts, aucune amélioration significative ne se fait sentir", dit la LICOCO.

Il y a plus d'une décennie que la République Démocratique du Congo ne parvient pas toujours à faire face aux problèmes sécuritaires dans la partie Est du pays à cause de la corruption profondément ancrée qui facilite l'activisme des groupes armés, le banditisme, la toxicomanie, les tracasseries administratives, militaires, policières et Judiciaires,...

Pour la LICOCO, la grande majorité de congolais interrogée estime que le non-respect de l'indépendance du pouvoir judiciaire et l'inapplicabilité des lois anti-corruption tant nationales qu'internationales par les acteurs politiques empêchent la justice de lutter efficacement contre l'impunité de ce fléau d'une part, et d'autre part ceux qui sont censés jouer un rôle dans l'éradication de la corruption y sont eux-mêmes impliqués.

La Ligue Congolaise de Lutte Contre la Corruption constate que la corruption continue à ronger tous les secteurs de la vie nationale en RDC. "La corruption est devenue non seulement systémique mais aussi institutionnelle, structurelle et organisationnelle du fait que sa fréquence constitue toute une culture acquise par la majorité des citoyens au sein de la communauté congolaise. Elle met en danger la démocratie, la sécurité et le développement de la RDC", dénonce la LICOCO.

De ce fait, elle rappelle que la République Démocratique du Congo ne peut se développer qu'avec l'implication de tous les acteurs politiques, toutes tendances confondues dans la lutte contre l'impunité et la corruption.

Jordan MAYENIKINI 

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