Le régime de change flottant de la Banque centrale du Congo défavorise la politique monétaire et de change (Tribune de Aimé Lambala)

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PAR Deskeco - 17 sep 2022 09:36, Dans Analyses

Le régime de change flottant (flexible) est difficile pour la RDC. Avec une petite économie, la RDC n'attire pas les capitaux étrangers suite aux fluctuations dans les marchés des changes et souvent, avec des écarts de spread qui défavorisent le franc congolais dans son émergence économique malgré le retour dans le programme économique formel avec le FMI.

Le taux de change flottant permet à la Banque centrale du Congo de conserver le taux directeur et taux de change flottant comme instrument de la politique économique, mais avec 2 monnaies (dollar, franc congolais).  Ce régime freine la stabilité des cours et de la monnaie nationale dans l'économie locale et cause l'instabilité dans le commerce extérieur (imports et exports). Le régime flottant n'incite pas à l'épargne en monnaie nationale ni à l'investissement, suite à l'ancrage et la présence permanente du dollar américain dans toutes les transactions (internes et externes).

Le marché de crédits étant moins attractif suite à l'ancrage avec le  dollar, la plupart de crédits en RDC s'obtient en dollar auprès des banques commerciales et mêmes des institutions comme le FPI (Fonds de promotion de l’industrie). Cela pénalise les investissements directs privés des congolais. Le régime de flottement n'a pas le rôle stabilisateur dans l'économie congolaise. Et la politique monétaire ne bénéficie pas de l'autonomie pour défendre la monnaie nationale en cas de fluctuations négatives sur le marché de change parallèle.

Le franc congolais en ancrage permanent au dollar, le taux d'intérêt réel à long terme en franc congolais (taux nominal + inflation dans le marché de crédit, obligation), s'ajustent sur le taux de change flottant réel (taux de change du marché + inflation du moment). Ce qui amène des fluctuations des devises en hausse et pénaliserait les crédits pour le corporate (société) en franc congolais, suite à la non appréciation de l'actif liquide national (franc congolais), dans le marché de crédits. Le marché des crédits étant faible en RDC, ceci ne permet pas de fixer le niveau de l'activité macroéconomique qui reste déficitaire.

La non attraction de marché de crédits à long terme freine la croissance organique (chiffre d'affaires), des entreprises.

Par contre, le taux d'intérêt réel à long terme (taux nominal + inflation), et le revenu national étant les variations explicatives négatives de demande en dollar. Le marché de crédit étant en monnaie étrangère, contre la monnaie nationale, déstabilise le revenu national en destruction de l'économie réelle et la non confiance pour le paiement de la dette intérieure par le trésor.

Par manque de la politique policy-mix d'expansion. C'est-à-dire une politique monétaire et une politiques budgétaire qui sont en asymétrie mais avec moins de taux directeur par la Banque centrale et moins de taxe par le trésor.

Le trésor hésitant pour soutenir l'économie nationale à travers les secteurs porteurs de croissances et créateurs d'emplois, et la banque centrale n'arrive pas à soutenir la monnaie nationale pour l'épargne et les investissements, suite à l'ancrage avec le dollar.

En plus, le taux de change flexible engendre souvent d'importantes fluctuations du taux de change réel. Ce qui rend la stabilité de l'économie plus difficile.

Dans un régime de change fixe, la stabilité de prix est soutenue par la Banque centrale dans les marchés avec le taux d'intérêt réel long et le taux de change réel constant ( taux de change fixe ), modulable ( la banque peut changer encas de besoin ), pour favoriser les investissements et l'épargne pour un bon multiplicateur monétaire ( dépôt, espèce, liquidité, épargne), en réduction de l'ancrage avec le dollar. Ceci pousse à une bonne politique macroéconomique et macro prudentielle (des règles pour les banques commerciales), créatrice d'emplois. Cette pratique permet les investissements étrangers directs, la productivité et la croissance du PIB.

Dans le régime fixe modulable, les coûts associés au taux de change fixe sont très réduits et augmentent l'efficacité. Ici la banque centrale fixe le taux de change et fait face aux chocs, ou bien à une grande mobilité dans l'import-export. Ces avantages sont plus importants si le pays adopte le taux de change fixe modulable, mais aussi une seule monnaie unique dans l'économie réelle locale.

ALS. Finance CIF

Aimé Lambala

Spécialiste en haute finance, macroéconomique et monétaire.

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