"Il ne faut pas soumettre l'évolution des économies africaines à celle des pays avancés" (Déogratias Mutombo) 

PAR Deskeco - 26 juil 2019, Dans Actualités

Le gouverneur de la Banque centrale du Congo, Déogratias Mutombo, a fait, au cours de la conférence de presse tenue le mercredi 24 juillet à l'issue de la sixième réunion du Comité de politique monétaire, le point sur la réunion de l'ABCA (Association des banques centrales d’Afrique) tenue à Kinshasa le 12 juillet.

A cette occasion, il a fait le point sur le PCMA notamment sur les tendances dans la réalisation des 8 critères de convergence des performances macro-économiques au niveau de la sous-région de l'Afrique centrale. Ce, avant la grande réunion de toutes les banques centrales de l'Afrique prévue dans la première semaine du mois d'août prochain à Kigali au Rwanda.

Selon l'examen du PCMA en 2017, seuls 18 pays sur les 52 du continent membres ont satisfait aux 4 critères de premier rang. Pour les 4 autres critères de deuxième rang, seul un seul pays à satisfait. Lors de la réunion d'août à Kigali, il sera question d'examiner le rapport 2018 sur la mise en œuvre du PCMA dans les 52 pays membres. Cependant, Déogratias Mutombo estime que les résultats pourraient vraisemblablement être les mêmes. C'est à dire seul un pays sur les 52 du continent satisfait globalement aux 8 critères de convergence des performances macro-économiques du PCMA.

Ces 8 critères sont : Réaliser un taux d'inflation inférieur ou égal à  7%, le déficit budgétaire global par rapport au PIB doit être inférieur ou égal à 5%, le crédit de la banque centrale au gouvernement doit être inférieur ou égal à 5%, les réserves extérieures doivent couvrir au moins 3 mois des importations des biens et services sur ressources propres, le ratio  dette publique/PIB doit être inférieur ou égal à 65%, le ratio Recettes fiscales totales/PIB doit être supérieur ou égal à 20%, le Taux de change nominal doit avoir une variation de plus ou moins 10%, le ratio Investissement en capital du gouvernement/Recettes fiscales doit être supérieur ou égal à 30%.

"Si les pays africains ne parviennent toujours pas à réaliser ces critères de performance, il sera difficile d'accélérer le développement de nos économies surtout que l'on sait que la croissance des économies africaines est liée à l'évolution des économies des pays avancés. La baisse de la croissance mondiale attendue cette année de 3,3% reflète la baisse de l'activité dans les pays avancés et même émergents. C'est dire que ce sont ces pays là qui dictent l'évolution de l'économie mondiale. Il ne faut pas soumettre l'évolution de l'économie africaine à l'évolution des économies des pays avancés", a dit Déogratias Mutombo, plaidant pour l'accélération des réformes dans les pays africains y compris la RDC afin d'arriver aux mêmes performances économiques nécessaires aussi bien à l'intégration africaine qu'aux objectifs de la Zone de libre échange économique continentale (ZLEC) lancée par les chefs d'État à Niamey au Niger.

Amédée MK 

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