Haut-Katanga :Le sac de maïs de 25kg fixé à un prix indicatif de 15 USD

PAR Deskeco - 30 sep 2019, Dans Actualités

Le ministre du Commerce extérieur, M. Jean-Lucien Bussa Tongba, va procéder bientôt à la signature du protocole d’accord sur les importations du maïs entre les gouvernements de la Rdc et zambien. C’est ce qui a été relevé ce samedi 28 septembre 2019 au cours de l’échange qu’il a eu dans la ville de Lubumbashi avec le gouverneur de la province du Haut-Katanga, M. Jacques Kyabula Katwe, et la ministre de l’Economie nationale, Mme Acacia Bandubola Mbongo.  Les ministres provinciaux en charge de l’Economie et de l’Agriculture du Haut-Katanga, ainsi que le secrétaire général à l’Economie nationale ont également pris part à cette réunion.

Au mois d’août dernier, un sac de maïs de 25 Kg se vendait entre 48.000 et 45.000 Francs congolais à Lubumbashi. Au mois de septembre en cours, ce même sac se vend à 39.000 Francs congolais, alors qu’avant le mois de juillet 2019, il coûtait 10 $. Voilà pourquoi, face à cette instabilité du prix du maïs qui est une denrée de base et de première nécessité pour la grande majorité de Congolais, le ministre du Commerce extérieur a insisté au cours de cette réunion pour que l’importation n’écrase pas la production nationale. 

« Les options telles qu’elles ont été levées par le Gouvernement central en synergie avec le Gouvernement provincial, mais aussi que les opérateurs économiques sont d’accord avec cette solution de pouvoir très rapidement, et les commandes ont été passées, pour qu’on importe le maïs pour le Haut-Katanga, le Lualaba et les autres parties du pays qui en dépendent. Les réponses aussi prennent en considération les intérêts des producteurs locaux qui doivent être protégés, mais en même temps et surtout, les intérêts des consommateurs qui doivent voir les prix du maïs commencer à chuter jusqu’à atteindre leur point d’équilibre initial. Il y a plutôt une détermination, et la réponse est là », a confié à la presse Jean-Lucien Bussa à l’issue de cette réunion.

S’inscrivant dans la vision du Gouvernement de la République, Jean-Lucien Bussa estime que la Rdc doit cesser de dépendre des importations des produits alimentaires comme le maïs par exemple, provenant de ses pays voisins. Toutefois, il préconise des solutions palliatives face à cette situation. 

« La clause que nous trouvons doit-être compatible aux intérêts des consommateurs, des producteurs mais aussi des opérateurs qui sont sur le marché. Il est question de trouver les réponses d’équilibre qui ne détruisent pas notre économie. Certes, l’option d’importer a été levée. Certes, que les opérateurs économiques locaux disposent des stocks. Certes, que les prix sont montés, ils doivent descendre. Je pense qu’il faut écouter les opérateurs, importateurs comme producteurs », a-t-il soutenu au cours de la réunion.

Par la même occasion, il s’est adressé à ses hôtes en ces termes : « Comment nous arrivons ensemble, Gouvernement central, Gouvernement provincial, opérateurs économiques, à pouvoir trouver dans une espèce de synergie, des réponses pertinentes rapides ? Il était important que nous puissions vous écouter, et c’est sûr que vous avez des propositions aussi sur le sujet. Exonérer les importations pour cette période de crise pour réponde à la question de conjoncture. Mais comment à la fois résoudre la question de structure ? Pour l'instant, je pense qu’on va se concentrer sur le sujet, la crise, et je pense que les opérateurs économiques vont nous dire ce que nous devons faire pour qu’ils soient à même de pouvoir, avec l’Etat, chacun dans son compartiment de responsabilité, résoudre ses problèmes sans détruire l’opérateur économique ».

Et d’ajouter: « L’opérateur local n’est pas négativement impacté. Ce que c’est bon. Nous voulons avoir l’information exacte. Parce que, c’est bon de subventionner les importations, mais c’est mieux de subventionner les producteurs. Nous pensons que la réponse doit-être trouvée dans ces deux directions. La soudure en termes d’importations, c’est une réponse de conjoncture qui ne tue pas le producteur local. Qu’est-ce que nous faisons pour que ce dernier puisse vendre son maïs, être motivé l’année prochaine à faire davantage ».

Le prix du sac de 25 Kg de maïs fixé à 15 $ à titre provisoire

Le ministre du Commerce extérieur  estime qu’il faut permettre à l’opérateur économique de disposer de l’argent pour se faire les bénéfices. « Dès lors que nous avons ce revolving, il est question de le bien gérer sous l’impulsion du Gouverneur pour que cette opération revienne et pour que nous soyons orientés définitivement vers la production », a-t-il dit.

Quant à la ministre de l’Economie nationale, elle estime que « Cet effet revolving doit être mis en place sous la direction du gouverneur. En même temps si nous avons la structure des prix de la production, ça nous permettra de savoir dans quel levier l’Etat peut intervenir, nous en tant que Gouvernement central ».

A savoir, le prix fixé pour un sac de maïs s’élève à 15 $. En réaction, le gouverneur de province du Haut-Katanga, M. Jacques Kyabula Katwe, a souligné que « Nous ne pouvons pas commettre cette erreur d’acheter localement. Si nous commettons cette erreur, ce qui veut dire que nous allons encore empirer la situation étant donné qu’il nous faut pratiquement cinq mois de soudure. Je ne pense pas que ça soit la meilleure des solutions. Mais la solution ce que nous avons opté pour l’accompagnement des importateurs. Nous allons importer aussi au même titre qu’eux, et nous allons les accompagner même dans la fixation des prix. Comme nous avons commencé par obtenir l’exonération, nous l’avons fait pas seulement pour nous-mêmes, mais aussi pour eux avec toutes les facilités possibles, jusqu’à ce que nous allons fixer les prix. Il me semble que les prix d’équilibre de 15 $ serait plus ou moins salutaire parce qu’actuellement le prix est à 36.000 - 40.000 Francs congolais, ça représente plus de 15 $. Si nous mettons 15 $, ceux qui ont des stocks dans leurs maisons vont devoir les revendre ».

Au ministre du Commerce extérieur d’éclairer la lanterne des uns et des autres que « La problématique du prix a été posée pour nous permettre de comprendre la situation du producteur local. La tendance devrait-être à la baisse. Nous sommes passés de 13,93 $ à 20,09 $. Ici nous devons travailler de sorte que nous rentions dans une autre spirale de la baisse des prix. Mais pour entrer dans cette spirale, la question étant celle de l’offre, il faut rompre avec le déficit de l’offre. La réponse immédiate c’est l’importation, et cette réponse exercera une pression sur ceux qui sont entrain de stocker. Et lorsque ces derniers vont aussi se rendre compte que le marché est inondé, ils seront obligés de vendre. Nous rentrons dans la loi basique de l’offre et de la demande. Les prix devront continuer à baisser. Je pense l’idéal c’est de rentrer, pour les consommateurs, au prix de 13.93 $. C’est ça l’idéal. Mais en attendant de trouver cet idéal, alors qu’aujourd’hui on est à presque 18 – 19 dollars américains, si dans une semaine ou deux, les réponses suggérées nous permettent d’arriver à 15 $, c’est un gros progrès. On est plutôt dans une perspective de la résorption du problème conjoncturel mais qui nous permet d’assurer la réponse dans la durée ».

 Lepetit Baende

 

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