Appui de la JICA : le « Fonds solide de l’INPP » sort déjà ses effets

PAR Deskeco - 29 juin 2019, Dans Actualités

Dans le cadre de son programme mis en place de suivi post-formation, toujours grâce au financement de la JICA, l’Institut national de préparation professionnelle (INPP) a instauré ce qu’on appelle le « fonds solide » pour soutenir ses meilleurs stagiaires en leur permettant de créer des petites et moyennes entreprises. C’est le cas de M. Junior Mukendi, un jeune ancien stagiaire de l’INPP, promotion 2012 – 2013 de la Mécanique automobile (moteur essence – diesel spécial, conduction automobile) qui se retrouve aujourd’hui tenancier d’un garage dans la commune de Kintambo à Kinshasa. 

Après avoir travaillé pendant quelques six ans dans différentes entreprises sans avoir le statut convenable et sans une bonne rémunération, il s’est décidé de solliciter le « fonds solide » de l’INPP pour créer son propre garage. Ayant satisfait aux exigences d’acquisition de ce fonds avec un projet convaincant, un prêt de 8.000 dollars américains lui a été octroyé via la banque Finca.

Grâce à cette aide de l’INPP et JICA, le mécanicien Junior Mukendi est maintenant propriétaire d’un garage spécialisé en moteur diesel et moteur essence. Et il encadre et engage aussi quatre autres mécaniciens.

 A savoir, pour accéder à ce « fonds solide », il y a une sélection des projets des anciens stagiaires qui se fait. Et l’acquisition de l’argent s’effectue par compte bancaire. Mais avant, les gagnants suivent d’abord une formation en entreprenariat. 

A en croire le directeur provincial de l’INPP, M. Joseph Bondjeke, ce fonds de micro-finance a sensiblement augmenté par rapport aux montants octroyés avant. « Je crois que la première fois, on n’est pas arrivé à dépasser 2.000 dollars. Alors que cette fois-ci, on a remis à un stagiaire 8.000 dollars, je crois qu’il y avait aussi 10.000 dollars », a-t-il affirmé. 

Et d’expliquer : « Nous faisons la formation professionnelle. Et l’utilité de cette formation professionnelle se justifie quand les personnes formées arrivent à avoir un emploi par rapport à la formation qu’elles ont reçue. La situation économique de notre pays fait que le taux de chômage est élevé. Ce n’est pas parce que c’est difficile qu’il faut croiser les bras. Il fallait trouver des voies et moyens pour aider nos stagiaires à créer leurs propres entreprises. Parce que si nous laissons seulement la responsabilité à l’Etat pour résoudre le problème de chômage, ça ne va pas être assez facile. Il faut que chaque Congolais cherche à entreprendre ». 

Le directeur provincial de l’INPP estime quant à lui que l’avantage qu’il y a dans le fonds solide « est qu’on ne donne pas l’argent à quelqu’un qu’on n’a pas formé. Et malgré des compétences techniques, parce qu’il s’agit d’un problème de gestion, il faut une formation à l’entreprenariat. C’est ce que nous avons fait. Et personnellement je dois me rassurer que je suis fier de mes stagiaires, qui aujourd’hui, lorsqu’ils parlent de la gestion c’est comme si ils étaient seulement formés en gestion et n’étaient même pas techniciens. Donc, nous sommes arrivés à combiner les compétences techniques et les compétences organisationnelles ».

Le souci est d’accompagner les stagiaires formés et relever le défi du chômage criant en Rdc, souligne M. Bondjeke. Pour lui, l’INPP est en train de contribuer à résoudre le problème du chômage dans le pays, et la problématique de l’insertion professionnelle. Et ce, grâce à l’appui de la coopération japonaise à travers de la JICA.

« Le plus grand plaisir pour moi c’est la solidarité qu’il y a. Ce qui est vrai, tout le monde ne peut pas exceller. Mais si vous avez une personne qui excelle, et qui prend les autres en charge, c’est une très bonne chose. Cela veut dire qu’on a aidé une personne, mais ce sont quatre personnes qui en bénéficient. Même si on n’arrive pas à résoudre le chômage, mais réellement on est en train de contribuer à résoudre le problème de chômage », a-t-il confié.

Quid du « Fonds solide » 

Dans ses explications données à la presse, M. Rody Kulidri Batako, assistant du directeur technique de l’INPP et maître formateur en entreprenariat, a défini le « Fonds solide » comme étant une micro-finance dont l’objet est de pouvoir appuyer la création d’activités génératrices des revenus et d’emplois.

« Après une analyses faites au niveau institutionnel, et étant donné que la problématique de l’insertion professionnelle se pose avec acuité dans notre pays, parce que nous sommes un pays post-conflit, l’INPP, avec l’appui du gouvernement japonais et précisément avec la JICA, au travers du projet « Fonds solide », nous avions estimé appuyer les stagiaires qui ont bénéficié des compétences techniques et qui ont des idées, des projets, des créations », a-t-il fait savoir.

Parlant justement de la part de la coopération japonaise dans ce projet « Fonds solide » de l’INPP, M. Rody Kulidri signale que « La JICA a appuyé un groupe de maîtres formateurs pendant pratiquement quatre ans maintenant. Nous avons été au Japon. Nous sommes un groupe de travail. Et nous sommes arrivés à monter, de mettre en place des modules de formation grâce à l’appui de la JICA. Parce que la problématique de l’insertion professionnelle ce qu’on termine la formation, on ne trouve pas d’emploi. Nous n’avons pas assez d’entreprises. Il fallait une solution palliative. C’est l’auto-emploi. C’est vers ça que le projet a appuyé l’INPP dans la formation des formateurs. Et voilà que nous sommes maintenant dans la phase des formations des ex stagiaires qui ont bénéficié d’une formation technique ».

Lorsqu’on parle de micro-finance, on parle aussi d’un taux d’intérêt. Et dans le cadre du « Fonds solide », c’était un taux d’intérêt qui n’exigeait pas trop de conditions, a-t-il rassuré. 

Et il a précisé qu’« Il a fallu être un ex stagiaire, c’était ça le premier critère ; être porteur d’un projet, parce que tous ne sont pas porteurs de projet, mais nous avions voulu inciter créer cet esprit-là d’entreprise ; et ensuite ils ont bénéficié d’une formation entrepreneuriale, une formation en création d’entreprise, c’est-à-dire, le montage d’un business plan, c’est le projet d’affaire. Ils ont bénéficié aussi des formations managériales pour apprendre comment gérer leurs activités. A la suite, il y a eu l’éducation financière qui a été assurée pour leurs comptes. Voilà, ensemble l’INPP, JICA et Finca, parce que l’INPP ne sait pas donner de l’argent, c’est auprès d’une banque que nous avions travaillé, que les ex stagiaires ont bénéficié des « fonds solides ». 

Quant aux bénéficiaires, le maître formateur Rody Kulidri indique que ça c’est le quatrième lot de stagiaires. « Si nous pouvons comptabiliser aujourd’hui, donc, ils sont déjà au nombre de 32. Parce que cette fois-ci on a donné à sept personnes. Et le montant c’est selon les demandes. Comme pour le cas présent de Junior Mukendi, il a bénéficié de 8.000 dollars. L’enveloppe pour ce lot c’était de 44.800 dollars américains. Le taux d’intérêt c’est entre 4 et 4.5 % », a-t-il souligné. 

Lepetit Baende

 
 

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