RDC : la diversification des marchés d’exportation parmi les mesures gouvernementales face à la chute du prix du cacao

Cacao
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PAR Deskeco - 16 mai 2026 09:25, Dans Actualités

 

Lors de la 88e réunion ordinaire  du Conseil des ministres tenue le vendredi 8 mai 2026 à Kinshasa, le gouvernement congolais a adopté de nouvelles stratégies proposées par le ministre du Commerce extérieur afin de protéger les producteurs nationaux face à la baisse des cours du cacao sur le marché international.

Parmi les mesures envisagées figurent notamment la diversification des marchés d’exportation, la mise en conformité qualitative de la production ainsi que l’accroissement des capacités productives nationales.

Interrogé par Deskeco, le président national de l’Association des exportateurs de cacao-café de la RDC (ASSECCAF), Benjamin Kakuke Munzenda, estime que la chute des prix du cacao affecte directement les revenus des producteurs.

« La baisse des prix réduit directement les revenus des producteurs, car le cacao est souvent leur principale source de revenu. Cela peut limiter leur capacité à entretenir les plantations, payer la main-d’œuvre ou investir dans de nouvelles techniques de production », explique-t-il.

Selon lui, cette situation risque également de fragiliser durablement l’ensemble de la chaîne de valeur du cacao en RDC et de décourager plusieurs producteurs.

La diversification des marchés comme alternative

Pour Benjamin Kakuke Munzenda, la diversification des marchés d’exportation constitue l’une des pistes susceptibles d’atténuer les effets des fluctuations mondiales des prix.

« En accédant à plusieurs marchés internationaux, les producteurs peuvent mieux résister aux fluctuations des prix et trouver des opportunités plus avantageuses », affirme-t-il, tout en soulignant que cette stratégie nécessite une meilleure organisation du secteur, des partenariats solides et le respect des normes internationales de qualité.

Des contraintes logistiques persistantes

Le président de l’ASSECCAF évoque également plusieurs obstacles qui freinent le développement de la filière cacao en RDC. Parmi eux figurent le mauvais état des routes, les coûts élevés du transport, les tracasseries administratives ainsi que l’insuffisance des infrastructures de stockage.

À ces difficultés s’ajoutent les retards dans les opérations d’exportation et l’insécurité dans certaines zones de production, compliquant l’acheminement du cacao vers les centres de commercialisation et les ports.

Une transformation locale encore limitée

Concernant la transformation locale du cacao, Benjamin Kakuke Munzenda estime qu’elle demeure faible en raison du manque d’investissements industriels, du coût élevé de l’électricité et des difficultés d’accès au financement.

Il pointe également le déficit en équipements modernes ainsi qu’un environnement économique peu favorable au développement des industries locales.

Miser sur la qualité du cacao congolais

Afin de rendre le cacao congolais plus compétitif sur les marchés internationaux, le président de  l’ASSECCAF recommande le renforcement de la formation des producteurs aux bonnes pratiques agricoles, l’amélioration des techniques de fermentation et de séchage ainsi que la mise en place de mécanismes efficaces de contrôle qualité.

Par ailleurs, il plaide pour un meilleur accès aux certifications internationales et une structuration accrue des producteurs en coopératives afin d’accroître la valeur du cacao produit en RDC.

Divine Mbala

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