RDC : la dette des entreprises publiques a atteint 7 % du PIB, un risque budgétaire majeur selon la Banque mondiale

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PAR Deskeco - 08 mai 2026 09:55, Dans Entreprises

Les entreprises publiques de l’État en République démocratique du Congo enregistrent des « mauvaises performances financières chroniques » parce qu’elles ont des "faibles niveaux de capitalisation", selon un récent rapport de la Banque mondiale sur la situation économique du pays.

Ces « faibles niveaux de capitalisation » font que l’État, en tant qu’actionnaire principal, n’a pas assez injecté de fonds propres dans ses entreprises. Au lieu d’être solides sur leurs propres bases, ces entreprises sont "sous-capitalisées" dès le départ.

« Cela a accru la dépendance des entreprises publiques à l’égard du financement par emprunt », peut-on lire dans le rapport.

Le rapport précise :

« Le ratio fonds propres/actifs des entreprises publiques a fortement baissé, passant de 45 % en 2020 à 31 % en 2023, laissant moins d’un tiers des actifs des entreprises publiques financés par les actionnaires, le reste étant financé par des emprunts ». 

Donc, comme l’État ne donne pas assez d’argent pour faire fonctionner ces entreprises ou y investir, elles sont obligées d’emprunter massivement de l’argent et fonctionnent à crédit. Conséquence :

« La dette des entreprises publiques a atteint 7 % du PIB en 2023, ce qui a accru leur vulnérabilité financière et leur exposition aux ralentissements économiques et aux chocs de taux d’intérêt », indique la Banque mondiale.

Cette « vulnérabilité financière » qui expose les entreprises aux « ralentissements économiques et aux chocs de taux d’intérêt » va faire que si les taux d’intérêt augmentent, ces entreprises ne pourront pas rembourser leurs intérêts, voire leur capital. De même, si l’économie ralentit, leurs revenus chutent, mais les dettes, elles, restent à rembourser.

Dans ce cas, la Banque mondiale prévient :

« L’accumulation continue de passifs pose des risques budgétaires importants et souligne l’urgence d’une réforme globale des entreprises publiques ». 

Donc, un jour ou l’autre, si ces entreprises ne peuvent plus payer leurs dettes, l’État devra les payer à leur place.

 

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