RDC : selon FMI, les réserves de change ont atteint fin mars 8,8 milliards USD

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PAR Deskeco - 06 mai 2026 20:24, Dans Actualités

À l’issue de sa mission à Kinshasa dans le cadre de la troisième revue du programme économique, le Fonds monétaire international (FMI) a livré une lecture globalement rassurante de la situation extérieure de la RDC, tout en appelant à la prudence. Au cœur de cette évaluation : le niveau des réserves de change, désormais au centre de l’équilibre macroéconomique du pays.

Selon les conclusions de la mission conduite par Calixte Ahokpossi, les réserves internationales ont atteint 8,8 milliards de dollars à fin mars 2026. Une progression notable, portée par une amélioration du compte courant, elle-même liée à la bonne tenue des exportations minières, malgré un contexte international agité par la hausse des prix du pétrole.

Cette évolution s’inscrit dans une dynamique amorcée plusieurs mois plus tôt. À fin décembre 2025, les réserves de change se situaient autour de 7,9 milliards de dollars, selon les données de la Banque centrale du Congo (BCC). En l’espace d’un trimestre, le pays a donc enregistré un gain proche d’un milliard de dollars, signe d’un renforcement progressif de sa position extérieure.

Une amélioration réelle, mais encore sous le seuil recommandé

Malgré cette hausse, le FMI estime que le niveau actuel des réserves reste légèrement en dessous du seuil jugé adéquat, généralement fixé à l’équivalent de trois mois d’importations. Autrement dit, la RDC avance dans la bonne direction, mais n’a pas encore atteint une zone de confort suffisante pour absorber d’éventuels chocs externes.

Cette accumulation de réserves intervient dans un contexte où le taux de change est resté globalement stable depuis fin 2025. La relative maîtrise de l’inflation — maintenue autour de 2,5 % en glissement annuel, bien en dessous de la cible de la BCC — a également contribué à cet équilibre.

Une stabilité sous pression de plusieurs facteurs

Derrière ces indicateurs encourageants, plusieurs éléments continuent de peser. Le conflit persistant dans l’Est du pays, notamment après les événements survenus à Uvira fin 2025, exerce une pression directe sur les finances publiques. Les dépenses liées à la sécurité, aux efforts diplomatiques et aux réponses sociales ont contribué à un dépassement du déficit budgétaire intérieur, estimé à 0,6 point de pourcentage du PIB au-delà des prévisions à fin décembre 2025.

Parallèlement, le contexte international reste incertain. La hausse des prix du carburant, liée aux tensions au Moyen-Orient, pourrait raviver les pressions inflationnistes dans les mois à venir, alors même que la BCC a engagé une baisse progressive de son taux directeur, passé de 17,5 % à 13,5 % entre janvier et avril 2026.

Entre consolidation et discipline économique

Dans ce paysage, le FMI invite les autorités congolaises à maintenir une gestion prudente, en particulier sur le plan monétaire. L’enjeu consiste à préserver les acquis récents — stabilité du taux de change, inflation contenue, reconstitution des réserves — tout en poursuivant les réformes engagées.

La trajectoire actuelle montre que la RDC parvient à renforcer progressivement ses fondamentaux économiques, avec une croissance attendue au-delà de 5,5 % en 2025 et 2026, tirée notamment par les secteurs non miniers. Mais cette dynamique reste étroitement liée à la capacité du pays à consolider ses marges de manœuvre extérieures.

Jean-Baptiste Leni

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