L’Assemblée nationale a déclaré recevables, le mardi 7 avril 2026, deux projets de loi portant ratification d’accords de prêt conclus entre le gouvernement de la République démocratique du Congo et la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA). Au terme des échanges, la plénière de la Chambre basse a décidé de renvoyer ces textes à une commission mixte pour un examen approfondi, préalable à leur adoption.
D’un montant global de 150 millions de dollars américains, ces accords associent plusieurs partenaires, notamment le Fonds international de développement agricole (FIDA), le Fonds de l’OPEP pour le développement international, le gouvernement congolais et la BADEA. Ils s’inscrivent dans une dynamique de transformation durable de l’économie nationale, articulée autour de deux axes majeurs.
Le premier concerne le Programme d’Appui au Développement rural inclusif et résilient (PADRIR), doté de 70 millions USD. Ce programme vise à réduire la pauvreté et l’isolement dans les provinces du Maniema, de la Lomami, du Kasaï-Central et du Kasaï-Oriental. Il prévoit notamment la réhabilitation de plus de 980 kilomètres de routes et de pistes rurales, dont l’axe stratégique Kindu-Kasongo, ainsi que la construction d’infrastructures sociales de base au bénéfice de près de 1,2 million de personnes.
Le second axe porte sur le Projet d’Imimplantation des incubateurs des PME agricoles (PIIPME), évalué à 16 millions USD. Ce projet pilote ambitionne de stimuler l’emploi à travers la promotion de l’entrepreneuriat agricole. Huit incubateurs modernes seront déployés dans plusieurs provinces, notamment le Tanganyika, le Nord-Kivu et le Kongo Central, afin d’accompagner prioritairement les jeunes et les femmes dans la transformation locale de produits agricoles tels que le manioc, le maïs, le café et le cacao.
Présentés devant les députés par le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, ces projets sont perçus comme une étape clé dans la mise en œuvre de la vision sociale du gouvernement. Le ministre a insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas de simples emprunts, mais d’« investissements structurants » en faveur de la justice sociale et de la cohésion nationale.
Il a également souligné que ces initiatives répondent à la nécessité de réduire la dépendance alimentaire de la RDC, tout en dynamisant la croissance économique dans les territoires. Le gouvernement attend désormais les conclusions de la commission mixte, en vue d’un déblocage rapide de ces financements, jugés essentiels pour améliorer les conditions de vie en milieu rural et favoriser l’émergence d’une classe moyenne agricole en République démocratique du Congo.
Jean-Baptiste Leni