La République démocratique du Congo a annoncé le lancement imminent d’un audit technique et financier du programme de coopération sino-congolais. L’examen, annoncé début mars 2026, doit passer en revue l’exécution du projet depuis sa création jusqu’à 2024 et établir un diagnostic précis de ce programme qui associe exploitation minière et financement d’infrastructures.
Cette initiative est saluée par plusieurs organisations de la société civile qui dénoncent depuis des années le caractère "opaque et déséquilibré" du partenariat. Elles appellent à une transparence totale dans le processus ainsi qu’à une participation active des acteurs non étatiques afin de garantir la crédibilité des conclusions de cet audit.
De son côté, l’ancien inspecteur général des finances chef de services, Jules Alingete, a tenu à défendre les résultats issus de la revisitation du contrat Sicomines. Il a exhorté les Congolais à ne pas céder aux discours des politiciens
« Je voulais sincèrement dire aux Congolais de ne pas prêter l’oreille aux vendeurs d’illusion, aux politiciens qui, par manque de discours, cherchent à jeter de l’opprobre sur une revisitation qui est une grande réussite pour le pays. N’oubliez pas que cette revisitation a été faite sous l’égide du président de la république Félix Tshisekedi qui a validé avec tout son cabinet le résultat de la revisitation », a déclaré Jules Alingete dans une interview accordée à la presse
Selon lui, les infrastructures réalisées dans le cadre de ce partenariat constituent la contrepartie des exonérations accordées au projet.
« Les infrastructures dont bénéficie la RDC constituent la contrepartie des exonérations accordées au projet. Celles-ci sont aujourd’hui évaluées à 350 millions de dollars, principalement composées de l’impôt sur les bénéfices et des droits de douane à l’exportation des matières premières. Par ailleurs, sur les 900 millions de dollars de bénéfices annuels générés par le projet Sicomines, il a été décidé que le gouvernement congolais prélève en priorité 324 millions de dollars destinés au financement des infrastructures. »
De poursuivre
: « Le solde, soit 576 millions de dollars, reste à la disposition des deux partenaires du projet, la Gécamines et la partie chinoise. Ce montant est ensuite réparti entre les deux associés : la Gécamines perçoit environ 150 millions de dollars, en fonction de sa participation, tandis que la partie chinoise bénéficie du reste. »
Le partenariat sino-congolais a été signé en 2008 sous Joseph Kabila, sur le principe ressources contre infrastructures. Dix-sept ans plus tard, le bilan est contesté. En 2023, l'Inspection générale des finances estimait que les entreprises chinoises pourraient tirer jusqu'à 76 milliards de dollars de gains du projet, contre environ 3 milliards de dollars d'infrastructures réalisées.
Divine Mbala