CE QUI S'EST PASSÉ AUJOURD'HUI EN RDC
La session parlementaire de mars s'ouvre sur la question des recettes publiques
Le Palais du Peuple a rouvert ses portes ce matin. Dans son discours d'ouverture, le président de l'Assemblée nationale, Aimé Boji, a placé la mobilisation des recettes publiques au centre des travaux de la session. Il a identifié deux contraintes simultanées qui pèsent sur les finances de l'État : l'appréciation du franc congolais, qui contracte mécaniquement certaines recettes libellées en dollars, et l'amenuisement temporaire des recettes minières. Pour y répondre, Aimé Boji a annoncé l'organisation du premier débat d'orientation budgétaire le 10 juin prochain, consacré aux grandes orientations de la politique budgétaire dans le cadre du budget à moyen terme 2026-2027. Il a également évoqué l'examen prochain du projet de loi des finances rectificatives 2026 et la nécessité de mécanismes innovants pour lutter contre la fraude, l'évasion fiscale et la corruption.
Moyen-Orient : la RDC évalue l'impact sur son approvisionnement en carburant
La fermeture du détroit d'Ormuz et du canal de Suez, consécutive aux frappes israélo-américaines sur l'Iran depuis le 28 février, préoccupe le gouvernement congolais. Ces deux voies assurent respectivement le transit de 20 % et 10 % de la consommation journalière mondiale en produits pétroliers. Le Conseil des ministres a examiné la question lors de sa réunion du 13 mars. Le gouvernement a indiqué que les stocks disponibles couvrent les besoins du pays jusqu'au mois de juin et qu'une série de mesures à court, moyen et long termes a été présentée pour préserver l'équilibre du système d'approvisionnement en carburants. Ce lundi, le député national Flory Mapamboli Posa a adressé une question écrite au Vice-Premier ministre chargé de l'Économie nationale sur les répercussions de cette crise sur la RDC, conformément à l'article 180 du Règlement intérieur de l'Assemblée nationale.
Mines : clôture de l'atelier sur la dotation de 0,3 % des entreprises minières
L'atelier consacré à l'état des lieux des organismes spécialisés chargés de la gestion de la dotation de 0,3 % du chiffre d'affaires des entreprises minières s'est clôturé ce lundi sous la présidence des ministres des Affaires sociales et des Mines. Ce mécanisme est destiné au financement de projets de développement communautaire dans les zones d'exploitation. Le bilan présenté fait état de 46 organismes installés dans cinq provinces, dont 43 opérationnels. Sur 485 projets approuvés, 222 sont achevés et 169 sont en cours d'exécution. Le ministre des Mines Louis Watum Kabamba a qualifié cette dotation d'instrument de justice économique et sociale, et a réaffirmé la détermination du gouvernement à renforcer la transparence et l'efficacité de ce dispositif.
Énergie : Kakobola entre espoir et confusion
La centrale hydroélectrique de Kakobola, disponible depuis près de dix ans, devrait être inaugurée le 24 mars par un envoyé spécial du président de la République. Le lancement effectif de l'énergie est prévu le 25 mars par le président Tshisekedi lui-même dans les installations de la SNEL à Kikwit. L'annonce a été faite par le ministre des Ressources hydrauliques Aimé Molendo Sakombi. Mais à Kikwit, la confusion est totale. Le réseau du barrage de Kakobola est distinct de celui de la SNEL, qui fonctionne à l'aide de sa centrale thermique. La société civile et le mouvement citoyen Pona Congo exigent des clarifications : s'agira-t-il de l'énergie produite par le barrage ou des générateurs thermiques habituels de la SNEL ? La question n'est pas anodine. Le volet technique du projet est prêt à 98 %, mais la GCK cumule trois mois d'arriérés de salaires et plus de sept mois de frais de fonctionnement. Plusieurs factures des entreprises contractantes restent impayées, dont celles de la société Angélique, de WAPCOS, de MEK et d'APS.
Transport : fin de la grève des taxis à Kinshasa
La grève des chauffeurs de taxis et taxis-bus observée ce lundi matin à Kinshasa a pris fin dans la journée. Un accord est intervenu entre le gouvernement provincial et les représentants du secteur pour la levée du mouvement dès ce mardi, permettant la reprise du transport en commun dans la capitale.
LE REGARD DESKECO
Trois signaux méritent d'être lus ensemble. La BCC abaisse son taux directeur de 250 points de base dans un contexte d'inflation maîtrisée, c’est un signal d'assouplissement assumé, qui cherche à soutenir la croissance à 6,2 % projetée pour 2026. Le président de l'Assemblée nationale ouvre la session en nommant directement le problème des recettes publiques, le franc fort réduit les rentrées en dollars, les recettes minières fléchissent temporairement. Et pendant ce temps, la question des carburants liée au Moyen-Orient entre dans le circuit parlementaire via une question écrite. Ce n'est pas anodin : quand un député saisit officiellement le Vice-Premier ministre chargé de l'Économie le premier jour de la session, c'est que le sujet a quitté le registre de la préoccupation pour entrer dans celui de l'urgence politique. Ces trois lignes (politique monétaire, recettes publiques, approvisionnement énergétique) convergent vers une même réalité : la RDC gère simultanément plusieurs pressions structurelles, et la marge de manœuvre budgétaire se resserre.
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