La décision de l’Inspection générale des finances (IGF) d’abandonner progressivement la « patrouille financière » au profit d’un contrôle systémique basé sur les données et l’intelligence artificielle continue de susciter des réactions au sein de l’opinion publique et des experts en finances publiques.
Face aux critiques et inquiétudes exprimées par certains acteurs de la société civile, Christophe Bitasimwa a expliqué que cette nouvelle approche vise avant tout à renforcer l’efficacité des missions de contrôle de l’IGF.
Selon lui, le contrôle systémique consiste d’abord à maîtriser les flux économiques et financiers qui circulent dans le système de l’État afin de détecter d’éventuelles irrégularités.
« Certains contrôles ambitionnent de maîtriser d’abord tous les flux économiques et financiers qui circulent dans le système de l’État, d’analyser ces flux, de découvrir des irrégularités ou anomalies éventuelles, de mesurer les risques que ces anomalies représentent et d’établir une cartographie des risques », a-t-il expliqué.
Le chef de service de l’IGF affirme que cette méthode permet d’orienter les interventions sur le terrain en fonction des risques majeurs identifiés au préalable grâce aux outils d’analyse des données.
« Le contrôle systémique permet à l’IGF non pas d’abandonner le terrain, mais d’aborder le terrain avec beaucoup plus d’efficacité, de compréhension et de précision, parce qu’un travail préalable aura déjà été effectué », a ajouté Christophe Bitasimwa.
Il a également précisé que les missions de terrain resteront indispensables pour établir les responsabilités, confronter les personnes concernées aux faits relevés et produire des rapports destinés aux instances compétentes.
Dans une interview accordée à deskeco, Jimmy Kande met en garde contre plusieurs défis liés à cette transition. Il cite notamment le faible niveau de numérisation de l’administration publique, la fragmentation des données, leur qualité parfois insuffisante ainsi que le coût élevé des infrastructures technologiques, de la cybersécurité et de la formation du personnel.
Selon lui, la réussite d’une telle réforme nécessite une stratégie globale de transformation numérique pilotée au plus haut niveau de l’État et non par une seule institution. Il prévient également contre le risque de créer une « illusion de modernité », estimant que la digitalisation ne garantit pas à elle seule la réduction de la corruption.
Divine Mbala