Prévu le 10 mars 2026 à Paris, à l’initiative du gouvernement français, en collaboration avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), le sommet mondial sur l'énergie nucléaire se présente comme une occasion favorable pour la République démocratique du Congo de chercher des partenariats et financements internationaux.
« Abordant les enjeux stratégiques pour notre pays, elle a souligné la nécessité de réaffirmer notre statut d’acteur historique et crédible du nucléaire en Afrique, de moderniser et relancer les structures nucléaires, d’attirer des partenariats stratégiques et des financements internationaux, de renforcer la sûreté et la sécurité nucléaires conformément aux standards de l’AIEA et d’empêcher toute marginalisation dans la recomposition du leadership régional », a rapporté le porte-parole du gouvernement qui cite la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire.
Au-delà de ces objectifs, le sommet réunira plus d’une centaine de chefs d’État et de gouvernement. Les discussions porteront notamment sur le rôle stratégique du nucléaire face aux défis énergétiques, climatiques et industriels mondiaux.
Un cadre juridique renforcé pour le nucléaire congolais
Sur le plan national, la RDC a récemment renforcé l’encadrement juridique de son secteur nucléaire. En mai 2025, le gouvernement a adopté un texte portant sur l’utilisation sûre, sécurisée et pacifique des rayonnements ionisants et des applications nucléaires.
Ce nouveau cadre juridique aligne la législation congolaise sur les normes internationales du droit nucléaire. Il intègre notamment des dispositions liées à la sûreté et la sécurité nucléaires, aux garanties internationales et à la responsabilité civile en cas d’incident, avec des mécanismes d’indemnisation des dommages nucléaires.
Cette réforme vise également à permettre au Comité national de protection contre les rayonnements ionisants (CNPRI), organe chargé de contrôler l’usage du nucléaire dans le pays, de remplir pleinement sa mission de régulation.
Des divergences institutionnelles en toile de fond
En 2023, le Commissariat général à l’énergie atomique (CGEA), une autre structure de régulation du secteur, avait accusé le CNPRI de créer une confusion dans la gestion du secteur nucléaire en RDC. Selon le service, "le CNPRI empiéterait" sur ses prérogatives, alors qu’une distinction claire devait être établie entre les opérateurs du secteur nucléaire et l’organe régulateur depuis la création du CNPRI en 2022.
Dans un document rendu public, il rappelle que la loi de 2022 avait justement pour objectif de séparer ces rôles afin d’éviter toute situation où une institution se retrouve à la fois juge et partie dans un domaine aussi sensible.
L’institution dénonce ainsi un comportement du CNPRI qu’elle juge « contraire aux dispositions légales et aux pratiques réglementaires reconnues dans le domaine nucléaire ».
Jean-Baptiste Leni